Publié le 11 décembre 2017

ÉNERGIE

EDF lance un plan solaire de 25 milliards d’euros en France

EDF veut déployer 30 GW de solaire en France d’ici 2035. Un investissement de 25 milliards d’euros qui ne fait pas peur à l’électricien national. En revanche, se dresse un obstacle sur sa route : la disponibilité des espaces libres pour le déploiement de grandes centrales au sol, plus optimisées sur le plan économique selon l’électricien.

EDF veut construire 30 gigawatts de solaire en France d'ici 2035.

À la veille du sommet climat à Paris du 12 décembre, le One Planet Summit, EDF a révélé "le Plan Solaire", un programme visant à déployer 30 gigawatts (GW) de photovoltaïque en France sur la période 2020-2035. Une puissance à comparer aux 8 GW actuellement déployés dans l’Hexagone ou aux 63,2 GW du parc nucléaire.

"Dans un contexte de forte volonté politique et de baisse des coûts des panneaux photovoltaïque, EDF veut occuper une place majeure. Ce plan d’une ampleur sans précédent en Europe est un tournant pour EDF et pour la filière solaire française", assure Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, en évoquant la création de "millions d’emplois induits".

"Ce plan est en cohérence avec la volonté politique de rééquilibrage du mix énergétique", ajoute-t-il. Aujourd’hui 75 % du mix électrique est assuré par le nucléaire. EDF refuse toutefois de projeter ce mix à l’horizon 2035, ne voulant pas faire publiquement de prévisions sur l’évolution de la consommation, ni sur l’abaissement de la part du nucléaire à 50 %. Objectif que le gouvernement a repoussé à 2030-2035, contre 2025 prévu dans la loi de transition énergétique.

Un nouvel investissement de 25 milliards d’euros

Selon EDF, la France possède le cinquième potentiel d’ensoleillement en Europe. Mais avec 1,8 % de solaire dans son mix électrique, elle se situe loin derrière l’Italie (7,8 %), l’Allemagne (6,2 %), l’Espagne (5,1 %), ou encore pire la Grande Bretagne (2,5 %).

"L’heure est venue d’un changement d’échelle majeur", assure le patron de l’électricien qui chiffre le plan solaire à environ 25 milliards d’euros en 15 ans. Un investissement qui ne remet pas en cause les dépenses à venir dans les autres énergies renouvelables (éolien, éolien offshore et hydroélectricité), ni le grand carénage, ce plan de 51 milliards d’euros sur la période 2014-2025 pour prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires.

La direction d’EDF juge l’appétence des banques et des investisseurs pour ces projets lui permettra de se financer sans difficulté. Elle prend à témoin le développement de 10 GW de solaire et d’éolien dans 20 pays par le groupe.

Des centrales de plus de 100 MW

En revanche, le PDG soulève une autre difficulté : le foncier. EDF mise le déploiement des grandes centrales au sol de plus de 100 MW (contre 12 MW en moyenne aujourd’hui en France). Ce qui permet d’optimiser les coûts de construction et d’exploitation… mais demande de la place. Le déploiement de 25 GW nécessitera 25 à 30 000 hectares (43 000 stades de football !).

EDF va mobiliser son propre patrimoine. Comme par exemple, les sites en cours de démantèlement ou les retenues d’eau des barrages hydrauliques. "Mais cela ne suffira pas", prévient Jean-Bernard Lévy. "Nous souhaitons travailler sur ce sujet avec les pouvoirs publics pour libérer le potentiel français", explique-t-il en assurant avoir déjà prévenu le gouvernement de cet enjeu.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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