Publié le 07 novembre 2017

ÉNERGIE

Réduire de 50% le nucléaire d’ici 2025 multiplierait par deux les émissions de CO2, selon RTE

L'objectif fixé par la loi de Transition énergétique d'abaisser la part du nucléaire à 50% d'ici 2025 doublerait les émissions de CO2 en France, estime un nouveau rapport du gestionnaire du réseau de transport électrique, RTE. Pour diminuer les émissions, il faudrait repousser de cinq ans cet objectif.

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L'objectif de 50% de part de nucléaire dans le mix électrique d'ici 2025 augmenterait les émissions de CO2 de la France.

Comment la France s’approvisionnera en électricité d’ici 2035 ? RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité et filiale d’EDF, publie ce 7 novembre 5 scénarii de mix électrique français. L’enjeu est de voir comment abaisser les émissions de CO2 tout en diminuant la dépendance de la France au nucléaire, comme indiqué dans la loi de transition énergétique.

Choisir entre fermeture des centrales à charbon et arrêt des réacteurs nucléaires

Or, selon RTE, l’objectif de réduction à 50 % de la part du nucléaire d’ici 2025 multiplierait pas deux les émissions de CO2 françaises. Soit un passage de 22 millions de tonnes de CO2 émises par le système électrique en 2016 à 42 millions de tonnes en 2035. "Il n’est pas possible de combiner la fermeture des centrales à charbon avec l’arrêt des réacteurs nucléaires" pour répondre à la consommation électrique des Français, explique Olivier Grabette, directeur général adjoint de RTE.

"Le rythme de développement des énergies renouvelables (ENR) n’a pas été aussi rapide que prévu depuis deux ans et demi", ajoute-t-il. Ainsi, la fermeture des cinq centrales à charbon, pourtant prévue par le Plan Climat en 2022, devrait être repoussée au-delà de 2025 pour compenser le recul de l'atome. À cette date, 16 % du mix électrique proviendrait du thermique (charbon et gaz), 34 % des énergies renouvelables, 50 % du nucléaire.

Une baisse de 50 % du nucléaire avant 2030, augmenterait les émissions de CO2

Les quatre autres scénarii montrent qu’une baisse du nucléaire en dessous de 50 % avant 2030, stabiliserait, voire augmenterait, les émissions de CO2 de la France. Par exemple, le scénario Ampère, qui se base sur une réduction du nucléaire en fonction du développement des ENR, parvient à diviser par deux les émissions de CO2, tout en abaissant la part du nucléaire dans le mix à  46 % en 2035. Mais RTE prévoit, dans ce scénario, d’atteindre la barre des 50 % du nucléaire en 2030, soit 5 ans plus tard que l’objectif fixé par la loi de Transition énergétique.

Côté approvisionnement, à court terme en tout cas, la situation apparaît plus stable que l'année dernière mais RTE place sous surveillance cet hiver, rappelant qu’elle n’a plus de surplus. Elle pourrait, si les conditions climatiques l’y obligent, appliquer des mesures de restrictions d’électricité. D’abord en appelant aux éco-gestes citoyens, ensuite en activant l’interuptabilité dont certains industriels sont soumis par contrats, baisser la tension électrique de 5 % et, en dernier recours, programmer des coupures de moins de 2 heures.

L’année dernière, la vague de froid, cumulée avec l’arrêt de plusieurs réacteurs, avait diminué la marge de RTE à 400 MW, soit moins de la moitié de la puissance d’un réacteur nucléaire, l’obligeant à pratiquer l’interruptabilité. 

Marina Fabre @fabre_marina


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