Publié le 30 août 2017

L'APRES PETROLE

Alimentation, hydrocarbures, nucléaire... Les 5 dossiers de rentrée de Nicolas Hulot

Interrogé sur France Info ce mercredi matin, Nicolas Hulot, le ministre de la Transition énergétique et solidaire est revenu sur les principaux chantiers en cours pour la rentrée. Au programme, la fin des hydrocarbures, les états généraux de l’alimentation, la transformation de nos modes de transport et l'épineuse question du nucléaire.


Capture d'écran

Transformer notre modèle agricole

Alors que les ateliers des États généraux de l’alimentation ont débuté cette semaine, avec en toile de fond le scandale des œufs contaminés au fipronil, le ministre de la Transition énergétique et solidaire est revenu sur son souhait de transformer en profondeur notre modèle agricole.

"Le contexte n’a jamais été aussi favorable pour orienter différemment notre mode de production alimentaire avec comme corollaire de redonner au monde paysan de la sécurité psychologique, sanitaire et économique", a déclaré Nicolas Hulot au micro de France Info, mercredi 30 août. "Je ne veux stigmatiser personne. Il faut additionner les expériences car il n’y a pas une seule manière de faire de l’agriculture et de l’élevage. Nous avons les moyens de rééquilibrer les modes de productions agricoles afin de mieux protéger l’environnement." 

Le ministre s’est également prononcé sur l’enquête de l’UFC-Que Choisir parue hier qui révèle les marges exorbitantes de la grande distribution sur les fruits et légumes bio, 96 % plus élevées que dans le conventionnel. "C’est une question que nous allons traiter dans les états généraux de l’alimentation. Nous n’allons pas garder les choses en l’état, chacun va devoir prendre ses responsabilités. Il y a parfois des gens qui se gavent un peu…" Et Nicolas Hulot se veut optimiste. "En réduisant ces marges, nous allons pouvoir rendre le bio et les produits issus des circuits-courts accessibles à chaque citoyen et non plus seulement aux bobos".

 

La fin des hydrocarbures en 2040

L’autre chantier de la rentrée est le projet de loi mettant fin à l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures en France d’ici 2040. Le texte sera soumis au conseil des ministres du 6 septembre.

Interrogé sur le risque de handicap pour la compétitivité, le ministre a rétorqué : "Nous devons montrer l’exemple. En donnant ce signal, nous allons pousser nos industriels à être plus créatifs. Le but est de transformer la contrainte en opportunité et nos entreprises l’ont bien compris. Quand j’ai annoncé la fin de la vente des véhicules thermiques, leur réaction a été de dire 'chiche !'. Et d’autres pays ont pris les mêmes dispositions dans un calendrier plus court que le nôtre." 

 

Vers des véhicules propres

C’était la mesure phare du plan climat de Nicolas Hulot présenté début juillet : la fin des ventes de véhicules thermiques à l’horizon 2040. Pour accompagner cette transformation, le ministre présentera courant septembre un dispositif d’accompagnement "complet" sous forme notamment de malus/bonus. Il espère également un alignement de la fiscalité du diesel sur l’essence d’ici trois à quatre ans.

"Il y a toujours une frilosité au changement, c’est pourquoi il faut de la prévisibilité, de l’irréversibilité et de la cohérence. La trajectoire du prix carbone introduit ainsi un avantage compétitif sur l’économie bas carbone. La France a été leader dans la prise de conscience sur le changement climatique, elle doit être leader dans la transformation de cette prise de conscience".

 

Améliorer les transports des Français

Nicolas Hulot entend également s’attaquer aux transports. Avec en tête deux priorités : améliorer le quotidien des Français qui prennent les transports en commun et accélérer le transfert du fret au ferroviaire. Interrogé sur une éventuelle écotaxe, le ministre ne s’y oppose pas. "Il ne faut pas une écotaxe telle qu’elle a été faite. Mais il va falloir mener une réflexion sur cette question car on ne peut pas exonérer en permanence un secteur qui contribue à la dégradation de notre réseau routier."

Il précise par ailleurs que la priorité n’est pas à la construction de nouvelles lignes à grande vitesse "car je découvre que nous n'en avons pas les moyens", témoigne-t-il.

 

Toujours le grand flou sur la fermeture de réacteurs nucléaires

Enfin, Nicolas Hulot a été interrogé sur le nombre de réacteurs nucléaires qui seront fermés. Un sujet qui peine à être tranché d’un gouvernement à l’autre. Le 10 juillet, sur RTL, il avait avancé le nombre de 17 réacteurs fermés. Puis, auditionné au Sénat, il a estimé que l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique d’ici 2025 sera en fait difficile à tenir.

Sur France Info, le ministre n’est pas plus clair et se refuse à donner une quelconque estimation. "Ce n’est pas le symbole de fermer un réacteur qui m’intéresse mais plutôt d’avoir une vision rationnelle et une programmation… Nous devons identifier les réacteurs qui seront fermés sur des critères rationnels, sociaux, économiques et surtout de sécurité. Cela ne se fait pas sur un coin de table en 8 jours", a-t-il déclaré.

Il confirme toutefois que la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) sera bien fermée, "tout comme d’autres réacteurs mais d’une manière qui soit humainement et socialement acceptable", précise-t-il. Quant à l’objectif de 2025, le ministre explique ne pas vouloir être dans la "mystification".

 

En bonus, le ministre de la Transition écologique et solidaire a levé un mystère. Lors du 1er tour de l'élection présidentielle, il déclare avoir voté pour le candidat socialiste Benoît Hamon et non pas pour Emmanuel Macron.    

 

Concepcion Alvarez @conce1


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