Publié le 20 septembre 2017

EMPREINTE TERRE

[Ces start-ups qui changent le monde] TIPA : un packaging aussi biodégradable qu’une peau d’orange

[Mise à jour le 02/10/2017] Elles sont jeunes et elles veulent changer le monde. Chaque jour, de nouvelles start-ups voient le jour en espérant améliorer notre façon de produire ou de consommer, en améliorant la traçabilité des matières premières utilisées, en misant sur l’écoconception ou l’innovation sociale. Chaque semaine, Novethic a décidé d’aller à la rencontre de l’une d’entre elles. Aujourd’hui, nous vous présentons Tipa, une jeune pousse israélienne qui fabrique des emballages qui se désagrègent en quelques mois seulement.

Les emballages souples produits par la start-up israélienne se jetent comme des déchets organiques dans les poubelles à compost. Ils se dégradent totalement en quelques mois seulement.
Crédit : Tipa

"Nous voulons que notre emballage plastique soit considéré comme un déchet organique". C'est avec ce leitmotiv que Daphna Nissenbaum a fondé Tipa, son entreprise d'emballages alimentaires plastiques compostables. Cinq ans plus tard, après autant d'années de recherche et développement, elle a réussi son pari. Ses emballages (packaging de barres de céréales, sachets à fermeture zip pour les produits frais ou poches de magazines) sont désormais vendus en Israël, où Tipa a établi son siège social mais aussi aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas. Cap désormais sur la France.  

Un packaging qui se décompose en 6 mois seulement

Difficile quand on regarde l'emballage plastique fabriqué par Tipa, de le différencier d'un emballage classique. Même toucher, même bruit de plastique déchiré. Et pourtant, la différence est de taille. Une fois utilisé, cet emballage se dégrade en seulement environ six mois. Là où il faut des centaines d'années pour un emballage classique.

Reste du paquet après 9 , 16 et 24 semaines

Pour parvenir à cet exploit, l’emballage de Tipa est composé de plusieurs couches compostables. Une fois jeté avec les déchets organiques, le packaging est décomposé par des bactéries en quelques mois . L’entrepreneuse assure avoir les certifications prouvant la compatibilité de son produit avec l’ensemble des composteurs, industriels comme domestiques. Et dans le cas où il n'est pas jeté dans un circuit de compostage, la dégradation est plus lente mais elle reste de l'ordre de quelques années.

La France, un marché de choix

À l’occasion du salon Convergences qui se tenait début septembre à Paris, Tipa a pu présenter son nouveau produit aux industriels, à l’Ademe et à l’OCDE. Et ses arguments ont fait écho. La France est en effet "un marché très intéressant en raison de sa nouvelle législation". La loi de transition énergétique interdit désormais d’utiliser des emballages plastique non biodégradables et non compostables pour l’envoi de la presse et de la publicité. Elle impose également la généralisation du tri à la source des bio-déchets à horizon 2025.

"La régulation aide mais le marché a déjà compris", assure Daphna Nissenbaum. Au niveau mondial, le marché des emballages souples est évalué à 91 milliards de dollars par an. Il devrait grimper à 114 milliards d’ici 2020. Le marché, celui de l’emballage compostable, qui reste un marché de niche, pourrait grappiller quelque 3,4 milliards d’euros. Les concurrents ne sont aujourd’hui pas légion et les consommateurs sont de plus en plus demandeurs.

Quant aux entreprises, elles sont de plus en plus soucieuses de réduire l’empreinte environnementale de leurs emballages. "C’est le premier argument qu’ils avancent", assure l’entrepreneuse.

L’emballage compostable, avenir de l’emballage ?

C’est le cas de Karma, une petite marque irlandaise qui produit des barres de céréales sans gluten. "Nous vendons des produits sains. Nous voulions que notre packaging le soit aussi pour l’environnement, ce qui nous a conduits à choisir des emballages compostables". Un pari sur le futur selon la marque : "nous pensons que c’est le sens de l’histoire. Le plastique génère de nombreux problèmes pour la planète ; certaines études montrent qu’en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans l’océan…".

La conviction des clients reste importante car même si l’emballage ne nécessite pas de changement dans le procédé de fabrication et que, dans l’alimentaire, le coût du packaging est marginal, il reste trois fois plus cher qu’un emballage classique.

Actualisation: le 2 octobre, Tipa a annoncé une nouvelle levée de fonds de 11 millions d'euros. Ce financement, réalisé par Austin et Gabriela Hearst (qui rejoignent GreenSoil Investments et Horizons Ventures), devrait permettre à la start-up d’optimiser ses ventes et de continuer à développer ses solutions d’emballages compostables.

Béatrice Héraud @beatriceheraud

 

Pour en savoir plus :

La fiche bonne pratique sur la plateforme Bipiz


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