Publié le 10 août 2017

EMPREINTE TERRE

Le gouvernement veut rendre la France plus résiliente aux inévitables sécheresses à venir

Après un hiver particulièrement sec, la France manque d’eau pour passer l’été. Plus de 80 départements sont en état de vigilance. Selon le gouvernement, ces épisodes vont se répéter à l’avenir et le pays doit s’y préparer.


C’est une année sans eau pour la France. Après l’hiver 2016/2017 qui fut le plus sec depuis 66 ans, les nappes phréatiques n’ont pas eu le temps de se recharger. Selon le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), 74 % des nappes phréatiques métropolitaines affichent "un niveau modérément bas à très bas". 82 départements ont été placés en alerte sécheresse. Ces 4 niveaux d’alerte vont de la sensibilisation sur les usages de l’eau à l’interdiction des prélèvements, y compris à des fins agricoles.

Pour Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, il y a peu de chances que la situation ne s’améliore dans les années à venir, au contraire. "Cette situation exceptionnelle pourrait devenir commune à partir de 2050 en raison du dérèglement climatique", explique-t-il dans un communiqué commun avec le ministère de l’Agriculture.

L’enjeu est donc que la France s’adapte à ce type de pénurie. "Au-delà des mesures de restriction en périodes de crise, la politique de gestion de l’eau doit prendre en compte les changements de long terme pour préserver durablement les ressources naturelles notamment pendant la saison des basses eaux", expliquent les deux ministères.

Améliorer l’irrigation et les réseaux d’eau

Aussi, le gouvernement propose une dizaine de pistes à suivre pour accroître la résilience du territoire (1). Celles-ci ont été présentées lors du conseil des ministres du 9 août. Elles sont axées autour de deux grands thèmes : "encourager la sobriété des usages et l’innovation" et "faire émerger des solutions locales adaptées dans l’ensemble des territoires".

Par exemple, les ministères veulent développer "une agriculture plus économe en eau (en améliorant) l’efficience de l’irrigation (réduction des pertes dans les réseaux, pilotage, sélection génétique et stratégies des cycles culturaux)". Ils proposent de "poursuivre les investissements avec les collectivités pour accentuer la maintenance des réseaux afin de réduire au maximum les fuites dans les canalisations et favoriser la réutilisation des eaux usées traitées". Ils envisagent aussi de "réaliser, là où c’est utile et durable, des projets de stockage hivernal de l’eau".

Cette dernière solution crée une polémique. Des associations environnementales, comme France Nature Environnement (FNE), s’opposent à la construction de retenues d’eau qui ne sont pas des "solutions durables" selon eux. À l’inverse, les associations agricoles se disent satisfaites que cette possibilité puisse être largement mise en œuvre.

Il n’y a pas que la France qui est touchée. L’Italie est également dans une situation de stress hydrique préoccupante. Depuis fin juillet, la capitale Rome a dû procéder à des coupures d’eau pour préserver une de ses sources d’alimentation, le lac de Bracciano, dont le niveau est dangereusement bas. De même, le fleuve Po, clé pour l’agriculture italienne, souffre d’un manque d’eau notable. 

Ludovic Dupin @LudovicDupin

(1) Les actions mises en place pour mieux gérer l’eau en période de sécheresse


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