Publié le 21 janvier 2015

EMPREINTE TERRE

Davos : les risques environnementaux ont pris le pas sur les risques économiques

Crise de l’eau, phénomènes météorologiques extrêmes, catastrophes naturelles, faillite de l’adaptation au changement climatique ou pertes de biodiversité… A côté des grandes menaces économiques et géopolitiques, les risques environnementaux figurent parmi les menaces les plus probables ou qui auront le plus d’impact sur les économies et les sociétés du monde entier, selon le rapport "Global risk 2015" publié en amont du Forum économique mondial qui s'ouvre aujourd'hui à Davos, en Suisse.

Le World Economic Forum, à Davos, en Suisse
© AFP PHOTO / FABRICE COFFRINI

Cette année, à Davos on parlera aussi climat. Du 21 au 24 janvier, les leaders économiques et politiques les plus influents de la planète auront droit à toute une série de conférences sur le changement climatique. En guest stars: Al Gore, l’un des premiers hommes politiques à avoir alerté sur les dangers du changement climatique (avec son documentaire "Une vérité qui dérange", en 2006); sir Nicholas Stern, l’économiste qui fait autorité sur ce que coûte l’inaction contre le changement climatique à nos économies (avec deux rapports publiés en 2006 et en 2014); Paul Polman, le PDG d’Unilever connu pour promouvoir l’engagement des entreprises dans la lutte contre le changement climatique ou encore, plus surprenant, Pharell Williams, qui ne vient pas faire danser les foules, mais présenter son entreprise, Bionic Yarn, qui recycle le plastique échoué dans les océans en fibres textiles.

Si, à côté des questions géopolitiques, sécuritaires et économiques qui font le gros de l'actualité mondiale, le climat promet d’occuper une grande place dans les discussions, c’est à l’évidence en raison de l’attente d’un accord international fin 2015 sur le climat (COP21). Mais aussi parce que le changement climatique est déjà considéré comme un risque majeur pour nos économies. C’est notamment ce qui ressort du rapport "Global risk 2015" établi sur la base de consultations de plus de 900 experts. Publié chaque année en amont du forum, il permet aux acteurs économiques, politiques ou de la société civile de préparer leurs organisations face aux risques décrits.

 

Le risque climatique, un risque majeur depuis 2011

 

Le risque du changement climatique y a fait son apparition en 2011 (le rapport est publié annuellement depuis 2005) et n’a jamais disparu du top 5 des risques les plus probables ou ayant le plus d’impact. Ce que l’on peut observer également, c’est qu’à côté des autres types de risques géopolitiques (conflits interétatiques, faillite d’Etat ou crises, ou attaques terroristes, échec des gouvernances nationales…), sociétaux (pandémies, profonde instabilité sociale due notamment aux grandes inégalités de revenus) ou technologiques (cyber attaques, fraudes sur les données…), il y a eu à partir de cette même date (2011) un basculement de la prédominance des risques économiques (chômage ou sous-emploi structurel, choc des prix de l’énergie, crises fiscales…) vers les risques environnementaux.

En 2015, on trouve dans les 10 risques considérés comme plus probables et ceux considérés comme ayant le plus d’impacts de nombreux risques environnementaux: les événements climatiques extrêmes, les catastrophes naturelles, l’échec des politiques d’adaptation au changement climatique, les crises de l’eau et les perte et dégradation de la biodiversité et des écosystèmes. Des risques extrêmement interdépendants entre eux mais aussi avec les autres types de risques (géopolitiques, économiques et sociétaux), ce que souligne particulièrement le rapport de cette année.

Et pourtant, malgré "cette prise de conscience" et "les conséquences désastreuses et à long terme pour cette génération et les suivantes, peu de progrès marquants ont été faits pour y faire face", note le rapport. "Au cœur du problème: l’approche de gestion des risques fondée sur des mesures prises en réaction aux crises et qui attend que les choses reviennent à la normale par la suite. Cette approche ne répond pas aux risques environnementaux, très complexes et évoluant lentement, tels que le changement climatique."

Béatrice Héraud
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