Publié le 25 juillet 2015

EMPREINTE TERRE

COP 21 : un texte de négociation restructuré

Un nouveau texte de négociation, restructuré et clarifié, a été publié vendredi 24 juillet par les deux co-présidents de l’assemblée des négociateurs. L’objectif de ce document est d’offrir aux 196 délégués un "outil" de négociation plus efficace, à utiliser lors du prochain round de négociations climatiques à Bonn, au mois de septembre.

Les 2 co-présidents de l'assemblée des négociateurs, l'Américain Daniel Reifsnyder et l'Algérien Ahmed Djoghlaf, le 8 fevrier 2015 à Genève.
IISD / ENB

On l’attendait allégé, il est en fait restructuré. C’est au terme d’une semaine d’intense activité diplomatique centrée sur le climat que les deux co-présidents de l’assemblée des négociateurs, l’Algérien Ahmed Djoghlaf pour les pays du sud, et l’Américain Daniel Reifsnyder pour les pays du Nord, ont présenté un document de 83 pages qualifié "d’outil de négociation".

Ce texte débroussaille et synthétise le document issu des négociations qui se sont tenues à Genève en février dernier. Touffu et dense, ce dernier s’avérait être plus un frein qu’un accélérateur aux négociations climatiques, les délégués buttant sur la forme du texte. 

De fait, depuis Genève, peu de progrès ont été accomplis, amenant les négociateurs à mandater en juin les deux co-présidents pour rendre ce document plus lisible. Celui-là même qui vient d’être publié.

 

Un document restructuré…

 

L’enjeu de ce texte est majeur : il doit permettre d’aboutir à un nouvel accord international juridiquement contraignant sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en deçà de la barre des 2°C. Autrement dit, la conférence qui aura lieu à Paris en décembre prochain devra adopter un accord international, qui posera le cadre d’une transition vers des économies bas carbone.

Les deux co-présidents soulignent que ce texte n’est pas un papier officiel : il est un "non-paper" dépourvu de statut juridique. C’est pourquoi ils le qualifient d’outil, destiné à faciliter la tâche des délégués lors de la prochaine séance de négociations (du 31 août au 4 septembre à Bonn).

Dans un communiqué, la CCNUCC (la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques) se félicite : "Le document clarifie pour la première fois ce que pourrait être le contenu de l'accord juridique émergent à Paris". L’institution onusienne souligne également que le nouveau document précise quelles sont les décisions qui devront être prises avec effet immédiat au moment de l'adoption d'un accord, et qu’il "commence" à identifier celles qui devront être prises ultérieurement  pour rendre l’accord de Paris pleinement opérationnel avant son entrée en vigueur en 2020.

 

… qui suscite des réactions mitigées

 

Pour Alden Meyer, directeur chargé des questions stratégie et politique au sein de l’ONG américaine Union of Concerned Scientists, militant pour la lutte contre le réchauffement climatique, le document est plus cohérent. Il clarifie les points de divergences et de convergences entre les pays sur les enjeux clés (l’atténuation, l'adaptation, la finance, la technologie, le renforcement des capacités, et la transparence de l'action et du soutien) et offre aux négociateurs une base de négociation solide.

Jan Kowalzig, d’Oxfam Allemagne, est plus sévère : "la question du financement n’est pas abordée. C'est un grand point faible".

Martin Kaiser, spécialiste des questions climat chez Greenpeace Allemagne, déplore quant à lui le manque d’ambition du texte. Contrairement à l’annonce qui a été faite par le G7, le texte onusien ne mentionne aucun objectif de décarbonation de l’économie, souligne-t-il.

 

Plus que dix jours de négociations avant Paris

 

Chacun s’accorde néanmoins à dire que le temps presse, et que les négociateurs doivent augmenter la cadence s’ils veulent parvenir à un accord ambitieux à l'issue de la COP 21. Ce qui n’échappe pas aux deux co-présidents : "il est crucial d’utiliser au mieux le peu de temps qu'il nous reste et de faire preuve de flexibilité en ce qui concerne les modalités de travail".

De fait, il ne reste aux négociateurs que dix jours de négociations avant le sommet climatique de paris.

Claire Stam, correspondante à Francfort
© 2016 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles