Publié le 11 juin 2015

EMPREINTE TERRE

COP 21 : le Maroc publie une contribution climatique "assez ambitieuse"

Le Maroc est le deuxième pays africain à publier sa contribution nationale de lutte contre le changement climatique, en vue de la Conférence climat de Paris (COP 21). Le pays s’engage dans celle-ci à ralentir ses émissions de gaz à effet de serre jusqu'à 32% à l’horizon 2030, s'il bénéficie d’un appui financier international suffisant. Le pays hôte de la future COP 22 est en effet engagé dans un plan d’adaptation, et va continuer à réduire ses subventions aux énergies fossiles.

Drapeau marocain flottant sur une ferme éolienne située à proximité de Tanger.
Abdelhak Senna / AFP

Le Maroc, qui accueillera la Conférence climat en 2016 (COP 22), vient de publier sa contribution pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. C'est la première fois que le pays s’engage formellement à les limiter. Et ce, de façon "assez ambitieuse" selon Nicolas Hulot, président de la Fondation du même nom et envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète.

Par rapport à un scénario "business as usual", le Maroc s’engage à réduire de 13% ses émissions de GES d’ici 2030. Il affirme pouvoir aller jusqu’à une baisse de 32% avec un appui financier international, via notamment le Fonds vert pour le climat. Cela permettrait d’éviter l’émission de 401 millions de tonnes équivalent CO2 entre 2020 et 2030.

 

Un investissement de 45 milliards de dollars

 

Dans sa contribution, le pays chiffre ses besoins financiers à 45 milliards de dollars entre 2015 et 2030 pour tenir ses engagements. 35 milliards devraient provenir de soutiens internationaux. Pour cela, le Maroc compte donc sur un accord contraignant lors de la conférence climat de Paris, afin de rendre réellement effectif le financement par les pays développés de projets d’adaptation et d’atténuation dans les pays en développement.

Pour tenir la feuille de route annoncée, une cinquantaine de mesures d’atténuation et d’adaptation aux effets climatiques sont présentées, la moitié concernant l’énergie. À la fin de l’année dernière, le Maroc avait annoncé qu'il mettait fin aux subventions pétrolières : il souhaite donc poursuivre dans cette voie et réduire de façon drastique ses soutiens aux combustibles fossiles.

 

50% d’électricité à partir d’énergies renouvelables en 2025

 

Parmi ses autres objectifs : diminuer la consommation d’énergie de 15% d’ici 2030 et passer à 50% de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables à l’horizon 2025. Le pays a de fait déployé 9% de ses dépenses d’investissement dans le climat et souhaite atteindre le taux de 15% en 2030.

Si le Maroc ne compte pas parmi les pays les plus pollueurs - il occupe le 78ème rang en termes d’émission de GES avec 69 millions de tonnes équivalent CO2 en 20101 - sa contribution a une portée symbolique puisque dans le système de Kyoto, les pays en développement n'étaient pas tenus à engager des actions de réduction de leurs émissions.

 

[1] Sources : AIE et base de données EDGAR (Centre commun de recherche de la Commission Européenne & Agence de l’environnement des Pays-Bas)

Concepcion Alvarez
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