Publié le 22 mars 2018

ENVIRONNEMENT

Disparition de la biodiversité : "une tragédie invisible et silencieuse dont on s'accommode", selon Nicolas Hulot

Alors que des experts sont réunis à Medellin pour tenter de comprendre et d’endiguer la vague d’extinction en cours sur la planète, le ministre français de la Transition énergétique, Nicolas Hulot a appelé devant les députés à réagir sur la biodiversité qui est "une tragédie invisible".

Le lapin de Garenne est une espèce en danger en France.
@antho71

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a réclamé mercredi 21 mars un "sursaut d'indignation" pour défendre la faune et la flore de la planète, déplorant à l'Assemblée nationale le fait que la biodiversité, "tout le monde s'en fiche".

"30 % d'oiseaux en moins en quelques années, 80 % d'insectes en moins à l'échelle européenne, le dernier grand mâle rhinocéros blanc du nord de l'Afrique a disparu. Moi ça ne me provoque pas de la peine, pas de la colère, (mais) de la honte, de la honte de savoir que derrière la sixième extinction de la biodiversité, la responsabilité c'est nous", a déclaré le ministre de la Transition écologique devant les députés.

"Il y a des tragédies invisibles et silencieuses dont on s'accommode tous les jours, eh bien je vous le dis, tout seul, je n'y arriverai pas", a-t-il ajouté. "Oui je vais vous présenter un plan biodiversité dans les semaines qui viennent, qui va succéder à la stratégie de la biodiversité, mais très sincèrement, tout le monde s'en fiche, à part quelques uns", a regretté le ministre, sans donner d'indication sur le contenu de ce plan.

Les oiseaux des campagnes disparaissent

"Je veux simplement avoir un sursaut d'indignation et de réaction", a-t-il encore insisté. Le ministre était interrogé sur la réponse à apporter à des études publiées mardi 20 mars ayant constaté le déclin "vertigineux" des oiseaux des campagnes françaises ces dernières années, études mettant notamment en cause les pratiques agricoles.

Mais il n'a pas évoqué de mesures du gouvernement pour freiner ce déclin. Mardi, dans un tweet, il avait appelé à "se mobiliser" car selon lui "chacun peut agir : réduire les pesticides, lutter contre l'artificialisation des sols, réduire les pollutions".

Cet échange devant la représentation nationale a eu lieu alors que 750 experts de 128 pays sont actuellement au chevet de la biodiversité mondiale à Medellin en Colombie. Du 17 au 24 mars, se déroule en effet la sixième séance plénière de Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, désignée sous l’acronyme IPBES et créée en 2012. Les travaux présentés y sont plutôt alarmants. Ils constatent par exemple que 60 % des sols de la planète sont en mauvais état sous l’effet l’activité humaine. Ceci met en danger la vie qui s’y abrite, or le sous-sol abrite 25 % de la biodiversité mondiale.

Ludovic Dupin avec AFP


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