Publié le 02 mars 2017

Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : les propositions RSE d'Emmanuel Macron

À 52 jours du premier tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a présenté son programme. Objectif affiché : retrouver "l'esprit de conquête français". Plans d'investissement dans l'agriculture et la transition écologique, lutte contre l'optimisation fiscale, égalité femmes-hommes, malus pour les entreprises abusant des contrats courts... Quelles sont les principales mesures RSE proposées par le candidat centriste? Novethic fait le point.

Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme le 2 mars 2017.
Lionel Bonaventure

Agriculture / Alimentation

Le candidat d’En marche mise sur un "programme d’investissement d’avenir agricole" de 5 milliards d’euros sur 5 ans pour moderniser les exploitations.

"Nous aiderons les agriculteurs à être payés au prix juste en soutenant les organisations de producteurs dans leurs négociations avec les industriels", assure Emmanuel Macron.

L’ancien ministre de l’économie veut mieux récompenser les agriculteurs qui se lancent dans des projets environnementaux. Il veut y dédier 200 millions d’euros par an.

Il souhaite que d'ici 2022, 50% de l’alimentation dans la restauration collective soit issue de l’agriculture biologique, écologique ou locale.

 

Égalité femmes-hommes


L'égalité femmes-hommes sera une "cause nationale", défend Emmanuel Macron.

Le candidat veut publier les noms des entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. Il prévoit également de tester, au hasard et "massivement", les entreprises pour vérifier qu'elles respectent la loi.

 

Énergies fossiles


"Nous ferons de la réduction des émissions de gaz à effet de serre la priorité de la politique énergétique", note le candidat d'En marche dans son programme.

Objectif : fermeture en 5 ans des centrales électriques à charbon.

Le candidat promet aucune "nouvelle attribution de permis d'exploration d'hydrocarbures" et une interdiction de toute expérimentation, "même publique", d'exploration des gaz de schiste.

 

Énergie nucléaire

Il faut un "mix énergétique plus équilibré", estime Emmanuel Macron.

Comme inscrit dans la loi de transition énergétique, le candidat affiche un objectif de "50% de la part de l'énergie nucléaire à l'horizon 2025".

 

Énergies renouvelables

Le candidat d'En marche entend doubler, d'ici 2022, la capacité éolienne et photovoltaïque. "30 milliards d'investissements privés seront mobilisés" sur ce sujet.

Plus globalement, il veut accélérer le développement des énergies renouvelables pour atteindre 32% du mix énergétique d'ici 2030, suivant les objectifs de la loi sur la transition énergétique.

 

Fiscalité environnementale

 

Emmanuel Macron souhaite augmenter le prix du carbone pour atteindre 100 euros la tonne en 2030 en France.

La fiscalité du diesel sera alignée sur celle de l'essence "pendant le quinquennat".

 

Formation


15 milliards d'euros seront consacrés à la formation. "Nous engagerons un effet national de formation sans précédent", explique Emmanuel Macron.

Il s'agit concrètement de former un million de jeunes et un million de demandeurs d'emploi.

 

Investissement responsable


Le secteur financier doit "mettre ses capacités de financement et sa créativité au service de la transition vers une économie durable, en créant des supports financiers attractifs pour l’épargne de long terme (indice ESG ou bas carbone, portefeuille 2°C, obligations vertes et durables, titrisation de prêts bas carbone), et de façon plus générale en favorisant le long terme et en prenant conscience de sa responsabilité", écrit le candidat dans un courrier adressé au Forum pour l’Investissement Responsable (FIR).

Les labels ISR et TEEC (sur la transition énergétique) doivent devenir "des références, en leur assurant notamment des moyens de production suffisants". Le candidat se dit aussi "favorable à une obligation de proposer au moins un fonds labellisé dans toute offre bancaire ou d’assurance-vie". Il souhaite aussi porter ces sujets au niveau européen (généralisation du reporting carbone et création de labels européens).

 

Optimisation fiscale


Emmanuel Macron veut alourdir les sanctions contre la fraude fiscale et imposer les "grands groupes de l'Internet sur leur chiffre d'affaires réalisé sur notre sol. Pour cela, la lutte contre l'optimisation fiscale sera une priorité de notre action européenne".

L'accès aux marchés publics sera réservé aux entreprises qui localisent au moins la moitié de leur production en Europe "dans le cadre d'un Buy European Act".

Toujours au niveau européen, le candidat d'En marche fustige les "arrangements fiscaux entre États et entreprises multinationales", pointant du doigt Apple et l'Irlande. "La France se montrera exemplaire en ce domaine".

 

Pollution


"Nous placerons la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides", note Emmanuel Macron.

"Nous mènerons une action résolue au niveau européen pour durcir les normes de pollution des véhicules neufs".

Le but étant qu'aucun véhicule thermique ne soit vendu en 2040.

Pour lutter contre les pics de pollution, une prime de 1000 euros sera accordée aux Français qui achètent des voitures moins polluantes. L'objectif est de diviser par deux le nombre de jours de pollution atmosphérique.

Emmanuel Macron souhaite lancer une expérimentation "à grande échelle" dans les 1000 écoles les plus exposées à la pollution en posant des filtres sur les ventilations, en installant purificateurs d'air et en "formant des personnels".

 

Transition écologique

Un plan d'investissement de 15 milliards sera consacré à la transition écologique.

Emmanuel Macron fait le choix d'une croissance "choisie" et "sélective".

 

Transparence

Emmanuel Macron veut réduire les conflits d'intérêts dans la politique en interdisant aux parlementaires d'exercer des activités de conseil.

Dans le secteur de l'agriculture, il prévoit de séparer, dès le début du quinquennat, "les activités de conseil aux agriculteurs et de vente des pesticides, qui peuvent susciter des conflits d'intérêts".

 

Travail

Emmanuel Macron propose l'instauration d'un malus pour les entreprises qui "recourent excessivement aux contrats courts". A contrario, celles qui privilégient "l'emploi durable" pourront profiter d'un bonus.

Il souhaite par ailleurs augmenter de près de 50% le montant de la prime d'activité. Le but : "valoriser le travail". Le coût : 2,1 milliards d'euros. "Tous les smicards qui bénéficient de la prime d'activité toucheront par exemple l'équivalent d'un 13ème mois de salaire, soit 100 euros nets de plus chaque mois".

Les salariés démissionnaires n'ont aujourd'hui par le droit de bénéficier de la protection de l'assurance chômage, tout comme les indépendants. Emmanuel Macron veut y remédier.

Il veut également supprimer le RSI (Régime social des indépendants) et vise une harmonisation du régime fiscal.

Le candidat d'En marche souhaite par ailleurs conserver la durée légale de 35h mais veut "déconcentrer l'organisation de la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l'entreprise".

Enfin, l'ancien ministre de l'économie veut supprimer les cotisations maladie et les cotisations chômage, compensées par une augmentation de la CSG de 1,75 point.

 

Travailleurs détachés

Emmanuel Macron veut lutter contre les abus. Il prévoit de limiter à un an la durée autorisée de séjour d'un travailleur détaché en France.

Il s'engage à redéfinir les règles du détachement "pour mettre fin à toutes les formes de concurrence sociale déloyale".

Marina Fabre
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