Publié le 05 décembre 2021

POLITIQUE

Valérie Pécresse, candidate de la droite républicaine, a une petite place pour l’environnement

Les militants des Républicains ont finalement désigné Valerie Pécresse comme candidate aux Présidentielles pour porter la voix de la droite républicaine. Mettant en avant une grande première, la désignation d’une femme pour mener la campagne d’un parti de gouvernement, la Présidente de la Région île de France a décliné avec pugnacité son ambition résolument à droite, dans laquelle l’environnement et le climat ont une portion congrue, voire quasi inexistante.

Valérie Pecresse a obtenu plus de 60 % des voix.

JULIEN DE ROSA / AFP

Les principaux candidats aux Présidentielles et les commentateurs politiques semblent persuadés que l’élection se jouera à droite toute. Ils ont du coup fait de l’immigration le sujet de la surenchère préféré des uns et des autres, après avoir mis toute la lumière sur les thèmes chers à Éric Zemmour. Le second tour de la Primaire des Républicains devait donc départager Éric Ciotti, très proche du leader d’extrême droite, et Valérie Pécresse qui a finalement obtenu 61 % des voix des militants du parti. Désignant Emmanuel Macron comme son principal adversaire, elle a mentionné dans sa première déclaration de victoire : "L’écologie de progrès, destinée à produire plus et mieux". Elle s’est aussi engagée à gagner les "batailles économiques, sociales et environnementales" sans préciser lesquelles. 

Les principaux axes de son programme sur le climat et l’énergie se résument à soutenir les objectifs environnementaux européens sans s’inscrire dans le Green Deal. Valérie Pécresse mise sur la taxe carbone aux frontières de l'Europe et propose de lancer un livret vert et d’interdire la vente des voitures à énergie thermique en 2040 pour atteindre la "neutralité carbone" en 2050. Elle est aussi résolument pour le nucléaire et soutient le lancement de six EPR. Enfin elle veut établir des zones d'"interdiction d'implantation des éoliennes". 

Des débats "régaliens"

Depuis septembre, le temps d’antenne consacré aux Présidentielles et à ces candidats plus ou moins déclarés, a explosé. Les Primaires Républicaines ont généré quatre débats télévisés qui ont donné une place centrale aux débats dits régaliens, sur le thème de la sécurité, de l’immigration, thèmes phares d’Éric Zemmour. Pourtant ces Primaires se sont déroulées sur fond de COP 26 et d’alertes insistantes sur l’état du climat et la nécessité de prendre rapidement des mesures à la hauteur des risques. À la veille du dernier débat le WWF appelait les candidats républicains à s’intéresser à la nature.

Sur le fil twitter de Valérie Pécresse, il faut remonter jusqu’au 31 octobre pour trouver un premier et message sur le climat, franchement isolée. Elle y appelle à réindustrialiser la France pour diminuer l’empreinte carbone de la France.

Le débat des Présidentielles va-t-il continuer à consacrer si peu de temps aux questions écologiques ? Si les médias télévisuels et les chaines toute info continuent sur leur lancée à n’aborder la politique que sous son angle cuisine électorale et désignation des chefs, cela risque d’être le cas. Or en additionnant tous les participants aux primaires (Républicains, Ecologistes ou Populaires) on n’atteint même pas les 500 000 personnes. Alors pourquoi donner tant de places aux affrontements entre les uns et les autres et limiter tout débat de fond sur d’autres thèmes, l’énergie, le climat, les inégalités sociales… ?

Un sondage réalisé en septembre 2021 par Ipsos Sopra Steria pour Le Monde, la Fondation Jean Jaures, l’Institut Montaigne et le Cevipof, montrait pourtant clairement que les trois premiers sujets de préoccupation des Français étaient, dans l’ordre, l’épidémie de Covid 19 (41%), la protection de l’environnement (39 %) et l’avenir de la protection sociale (36 %), autant de sujets laissés de côté par les Primaires !

Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic


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