Publié le 28 février 2022

SOCIAL

Guerre en Ukraine : le monde du sport riposte contre la Russie

Compétitions annulées ou déplacées, refus d’affronter les équipes russes … le monde du sport prend position contre l’offensive russe en Ukraine. Même la fédération internationale de judo, sport favori de Vladimir Poutine, a retiré son statut de président honoraire au chef d'État. Au-delà de certaines mesures symboliques, les répercussions sont aussi économiques : l'UEFA vient d'annoncer mettre fin à son contrat avec Gazprom, son sponsor majeur depuis 2012.

Guerre Ukraine sport
Ue banderole affiche le slogan "STOP WAR" contre la guerre russo-ukrainienne lors d'un match de football du championnat italien de Serie A le 27 février
FEDERICO PROIETTI / DPPI VIA AFP

[Mise à jour le 1er mars] "Il ne faut pas mélanger le sport et la politique". Cet argument souvent invoqué dans le monde sportif, vole en éclats ces derniers jours, alors que de nombreux athlètes et instances manifestent leur opposition contre l’invasion russe en Ukraine. L’UEFA, instance européenne du football, a frappé fort ce dimanche 27 février en délocalisant à Paris la finale de la Ligue des champions, compétition entre les meilleurs clubs du continent européen, qui devait se dérouler en mai à Saint-Pétersbourg. La Suède et la Pologne ont, elles, d’ores-et-déjà annoncé refuser d’affronter les Russes en matches de qualification de la Coupe du monde 2022. "Trêve de paroles, il est temps d’agir. En raison (…) de l’agression de la Russie en Ukraine, l’équipe de la Pologne n’envisage pas de jouer le match de barrage contre l’équipe de la Russie", a déclaré le président de la fédération, Cezary Kulesza. Ces deux équipes n'auront pas à le faire, la FIFA et l'UEFA ayant finalement décidé d'exclure l'équipe du Mondial ce 29 février. 

Outre le football, le grand prix de Russie de Formule 1 organisé à Sotchi depuis 2014, n’accueillera pas cette année la course prévue en septembre. "Ce sera sans moi" a, quant à lui, annoncé la star de l’équipe française de volley-ball Earvin Ngapeth, évoquant le Mondial russe en août prochain. L'une des dernières décisions en date particulièrement symbolique : la fédération internationale de judo a retiré le statut de président honoraire de Vladimir Poutine, ceinture noire et l’un des mieux gradés au monde de ce sport.

Les sportifs ukrainiens en première ligne

Touchés directement, plusieurs sportifs ukrainiens réagissent aussi. Certains ont même décidé de rejoindre les rangs pour combattre. Comme l’équipe de biathlon : "Mon équipe et moi restons en Ukraine pour protéger nos maisons et nos familles des forces armées russes qui ont envahi l’Ukraine le 24 février", a annoncé sur Instagram Dmytro Pidruchnyi, champion du monde 2019. C'est aussi le cas du tout juste retraité tennisman Sergiy Stakhovsky, qui a partagé en vidéo sur Twitter son envie de se mobiliser en tant que réserviste.

Certains sportifs russes n’hésitent pas non plus à s’exprimer. Le tennisman Andrey Rublev, l’un des dix meilleurs joueurs du monde, a ainsi écrit "pas de guerre" sur une caméra à la fin d'un match le 25 février.

L'UEFA rompt son contrat avec Gazprom 

Les répercussions sont également financières. Le club de football allemand Schalke 04 a rompu officiellement son contrat ce 28 février avec son sponsor principal Gazprom, compagnie de gaz russe proche du pouvoir. Tout comme l’UEFA qui s'est aussi séparé du géant gazier, son partenaire majeur depuis 2012 avec un contrat de 40 millions d'euros annuel. Une décision forte car "Gazprom est partout dans le foot européen", indique Maxime Combes sur Twitter. "Jusqu’au sein même du comité exécutif de l'UEFA via Alexander Dyukov qui n'est autre que le PDG de Gazprom Neft, la banche pétrolière de Gazprom, et qui est aussi président de la Fédération russe de football"

Rompre avec un tel sponsor dans les hautes sphères du football dépasse largement les symboles. D'autant plus que l'empire de Gazprom ne s'arrête pas à ce sport : "Handball, cyclisme, voile, hockey sur glace, gymnastique, rallye... sa précence est multiple", rappelle  Ouest-France

Marion Chastain @MarionChastain


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