Publié le 31 août 2020

POLITIQUE

À quoi va servir le plan de relance du gouvernement ?

Jeudi 3 septembre, Jean Castex va présenter son plan de relance de 100 milliards d’euros. Il s'agit de redonner de l'allant à l'économie française exsangue. La majorité du montant doit aller à la réindustrialisation du pays et à la transition écologique. Un vaste programme sur deux ans qui vise à retrouver la richesse nationale d'avant crise. 

Jean Castex GONZALO FUENTES POOL AFP
Jean Castex, nommé Premier ministre début juillet, sera à la manœuvre du plan de relance français.
JeanCastexFuentes/Pool/AFP

"[Le retour à la normale] prendra du temps, de l'énergie, de l'engagement, mais d'ici deux ans, en 2022, la France devrait avoir retrouvé le même niveau économique qu'avant la crise", assure Bruno le Maire, ministre de l'Economie. "Cette stratégie que nous allons lancer, ça n'est pas une stratégie pour faire face aux difficultés du moment, ça nous l'avons déjà fait et nous allons continuer (...), non c'est préparer la France de 2030", promet de son côté Emmanuel Macron.

Ces promesses sont lancées alors que le gouvernement, par la voix de Jean Castex, doit annoncer, jeudi 3 septembre son plan de relance. Après une mise à l’arrêt sans précédent du pays en raison du confinement, il s’agit de donner des perspectives économiques pour le second semestre 2020. Mais ce sera un travail d’équilibriste pour l’ex-monsieur déconfinement de l’Élysée. 

D’une part, il faut relancer l’activité économique alors que le PIB du pays a connu une baisse historique de 13,8 % au deuxième trimestre et que les entreprises affichent un surendettement inquiétant à plus de 1 800 milliards d’euros. D’autre part, il faut répondre à l’aspiration des citoyens pour un monde d’après, plus écologique, plus durable, appelé de leurs vœux pendant le confinement. 

Quatre grands axes

Les grands éléments sont déjà connus. Le plan de relance de 100 milliards d’euros va s’articuler autour de quatre grands axes : indépendance économique, écologie, solidarité et compétences. Le premier point est celui qui va recevoir la plus grosse partie des fonds avec près de 40 milliards d’euros. Il s’agit de réindustrialiser le pays pour redonner de la vigueur à ce secteur "affaibli", comme l’avait décrit Jean Castex dans son discours de politique générale.

"Nos fleurons sont passés sous pavillon étranger sans que nous puissions ou voulions réagir", avait même déploré Jean Castex. "Les relocalisations jouent pour nous un rôle fondamental parce que c'est montrer qu'il n'y a pas de fatalité et c'est bâtir sur des secteurs d'avenir commun", assure le chef de l’État. L’aide sera surtout fiscal puisque 20 milliards viendront d’une baisse des impôts de production sur 2021 et 2022. Trois autres milliards soutiendront les fonds propres des entreprises qui doivent faire face à des échéances de remboursement de dette. Enfin un milliard consistera en des aides à la relocalisation.

L’autre gros morceau de ce plan est l’environnement. "Avec (la ministre de la Transition écologique) Barbara Pompili, nous proposons de consacrer 30 milliards d'euros sur les 100 milliards prévus aux investissements dans la transition écologique", a annoncé Bruno Le Maire dans une interview au JDD. Au départ seuls 20 milliards étaient prévus, mais le montant a crû même si une partie est comprise dans le plan de relance industriel.

Des secteurs prioritaires

Trois secteurs seront "prioritaires", selon Bruno Le Maire : la rénovation énergétique, les transports et l’énergie. "Quatre à cinq milliards" seraient ainsi affectés au bâtiment et à la rénovation thermique, a déjà indiqué la ministre déléguée au Logement Emmanuelle Wargon. Du côté des transports, c’est le rail qui devrait être le grand gagnant de la manne gouvernementale. Lors de son discours du 14 juillet, Emmanuel Macron assurait vouloir "redévelopper massivement" le fret ferroviaire, les trains de nuit et les petites lignes pour "faire des économies" et "réduire nos émissions". 

Pour le reste, il s’agit de venir en aide à l’emploi des plus jeunes alors que le taux de chômage, aujourd’hui à 7,1 % devrait grimper en flèche dans les mois à venir. Des primes à l’embauche et pour les contrats d’insertions sont attendues. Le gouvernement compte aussi venir en aide aux citoyens les plus défavorisés dans le but de soutenir la croissance qui compte pour 50 % de la croissance tricolore.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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