Publié le 13 janvier 2021

NUMÉRIQUE

Doctolib, Maiia, Keldoc… Les plateformes numériques françaises se lancent dans la course pour la vaccination

Alors que le gouvernement vise un million de personnes vaccinées d'ici la fin du mois, il a fait le choix de s'appuyer sur des plateformes numériques françaises spécialistes comme Doctolib, Maiia ou encore Keldoc pour booster sa campagne. Ces dernières vont gérer la prise de rendez-vous des citoyens voulant être vaccinés. En s'appuyant sur des entreprises compétentes au lieu de "partir de zéro", il répond à l'urgence de la crise, défend Olivier Véran.

Dejan Dundjerski istock vaccination covid
Le leader français Doctolib compte 42 millions d'utilisateurs et sera notamment en charge de la prise de rendez-vous pour la vaccination contre le Covid-19.
Dejan Dundjerski / Istock

[Mise à jour le 14 janvier] Le gouvernement compte bien s’appuyer sur les entreprises françaises pour booster la cadence de sa campagne de vaccination contre le Covid-19, très critiquée pour sa lenteur. Le leader des rendez-vous médical en ligne, Doctolib, a ainsi annoncé dans un communiqué avoir été sélectionné comme partenaire officiel de l’État pour "permettre aux Français de prendre des rendez-vous en ligne contre la Covid-19".

Un rôle clé à une semaine de l'ouverture, le 18 janvier, de la vaccination à toutes les personnes âgées de plus de 75 ans, avec une prise de rendez-vous promise par le gouvernement depuis le 14 janvier via le site d'information public sante.fr ou à partir de vendredi 15 janvier au 0800 009 110. Devançant ce calendrier, Doctolib affirme que "les patients prioritaires peuvent d'ores et déjà prendre rendez-vous" et revendique "150 centres de vaccination" équipés avec son logiciel "dans toute la France". 

Des rendez-vous obligatoires pour être vacciné

Son concurrent Maiia, filiale du groupe d'informatique médicale Cegedim, également choisi par l’État, assure que les inscriptions seront possibles "à partir de ce mercredi 13 janvier" pour une vaccination dès lundi 18, pour "les patients âgés de plus de 75 ans", ainsi que les "pompiers et aides-soignants de plus de 50 ans". La plateforme Keldoc, filiale de la Mutuelle nationale des hospitaliers, confirme également avoir été "référencée" par le ministère de la Santé et ajoute être déjà utilisée dans "un certain nombre de centres de vaccination".

Selon Doctolib, "tous les sites de vaccination devront être équipés (...) d'ici mercredi soir et l'État prendra à sa charge le coût de cet équipement". Maiia indique en outre qu'à partir du 18 janvier les réservations "devront obligatoirement passer par la prise de rendez-vous en ligne", via les plateformes privées ou le site sante.fr, "qui doit permettre aux Français de trouver un centre de vaccination".

Le choix d'acteurs privé créé la polémique 

Si le gouvernement avait au début émis l’idée de prendre rendez-vous directement sur l’application TousAntiCovid, l’urgence de la situation l’a finalement guidé vers des acteurs déjà opérationnels. Ces entreprises participeront ainsi à la réalisation de l'objectif fixé par Olivier Véran : un million de personnes vaccinées à la fin du mois. Au 14 janvier, ce sont 250 000 Français qui ont pu bénéficier du vaccin contre le Covid-18. 

Mais le choix d’acteurs privés pour gérer les données de santé personnelles des Français a provoqué une polémique lancée par la France Insoumise. "Macron décide d’un partenariat officiel avec Doctolib pour gérer les centres de vaccination. Une entreprise privée pourra donc ficher toute personne passée par ses mains. Encore une fois, mépris des services publics, choix contraint du privé et des données de santé privatisées", a critiqué sur Twitter le leader LFI Jean-Luc Mélenchon. 

Si Doctolib a directement répondu au député en lui rappelant que les données étaient "sécurisées, utilisées exclusivement pour la prise de rendez-vous et sont la propriété des patients", c’est Olivier Véran, ministre de la Santé, qui a tenté de répondre à la polémique. "Nous avons trois prestataires qui sont capables de fournir des solutions numériques pour la prise de RV à destination des personnes du grand public. On aurait dû, d’après vous, tout construire dans le secteur public en partant de zéro alors même qu’on a des acteurs français comme Doctolib", a défendu le ministre de la Santé en audition parlementaire. 

"On a de très solides entreprises françaises qui fonctionnent très bien qui sont capables de fournir tous les services et ce serait "sale" parce que ce serait privé ? Ce n’est pas du tout ma vision de la France, de l’esprit d’entreprendre et de notre capacité à nous appuyer sur toutes les compétences", a-t-il ajouté. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


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