Publié le 12 décembre 2017

FINANCE DURABLE

Axa serre la vis sur le charbon et exclut les sables bitumineux

Déjà leader sur le climat en amont de la COP21, l’assureur Axa reprend son bâton de pèlerin à l’occasion du One Planet Summit, le sommet sur la finance climat organisé mardi 12 décembre à Paris par l’Elysée. Sa bonne parole : les investissements dans le charbon et dans les sables bitumineux ne sont bons ni pour la planète, ni pour le portefeuille. Le groupe s’engage à exclure toutes les entreprises impliquées dans ces domaines.


Axa exclut de son portefeuille et de son activité d'assurance les entreprises des sables bitumineux.

Exit le charbon et les sables bitumineux. Dans la foulée des engagements climatiques ambitieux pris par BNP Paribas en octobre, Axa devient le premier assureur au monde à se positionner sur les énergies non conventionnelles. En amont de la COP21 déjà, il y a tout juste deux ans, l’assureur avait été pionnier en excluant une partie du secteur du charbon de son portefeuille d’actifs et de ses activités d’assurance.

Ce mardi 12 décembre, à l’occasion du One Planet Summit organisé à Paris par l’Élysée, Axa va un cran plus loin en excluant aussi le secteur des sables bitumineux et en multipliant par quatre ses investissements verts.

Plus de 3,5 milliards d’euros désinvestis des énergies fossiles

À la fin de l’année et avec trois ans d’avance sur son plan fixé en 2015, Axa aura déjà désinvesti 500 millions d’euros du secteur du charbon. Pour la suite, l’assureur prévoit de désinvestir 2,4 milliards d’euros supplémentaires. Pour cela, il durcit ses critères et abaisse son seuil d’exclusion de 50 à 30 % du chiffre d’affaires provenant du charbon. Mais surtout, il ne soutiendra plus aucune entreprise qui construit de nouvelles centrales et qui extrait plus de 20 millions de tonnes de charbon par an.

Outre le charbon, Axa se retire de l’industrie des sables bitumineux et des pipelines associés, à hauteur de 700 millions d’euros. Soit au total, 3,6 milliards d’euros désinvestis des énergies fossiles. Et le groupe n’assurera plus aucun projet de construction de centrale à charbon et entreprise d’extraction de sables bitumineux.

"Cela concerne une centaine d’entreprises pour le charbon et une quinzaine pour les sables bitumineux", précise Jad Ariss, directeur des affaires publiques et de la responsabilité d’entreprise. Toutefois, ces mesures s’appliquent uniquement aux actifs gérés pour compte propre et non aux actifs gérés pour tiers encore fortement carbo-intensifs selon un récent rapport.

12 milliards d’euros d’investissements verts

Ce mouvement de désinvestissement s’accompagne d’un investissement massif dans les infrastructures vertes (renouvelables, obligations vertes, immobilier vert…). Alors qu’Axa s’était fixé un objectif de 3 milliards d’euros à horizon 2020, le groupe annonce quadrupler cette somme, pour atteindre 12 milliards d’euros. Cela représente 2 % des actifs du groupe en fonds propres.

"Notre cible est deux fois plus importante que celle recommandée par Christianne Figueres, cheville ouvrière de l’Accord de Paris, qui avait appelé les investisseurs à dédier 1 % de leurs actifs sous gestion aux investissements verts", souligne Jad Ariss. "Notre position de leadership nous pousse à prendre nos responsabilités et à être les premiers à se positionner pour engager d’autres acteurs dans ce mouvement, poursuit-il. Investir dans le charbon ou les sables bitumineux n’est pas une bonne décision financière. Le One Planet Summit doit permettre de mettre le sujet au centre des débats." Car un monde à 4°C n’est pas assurable, n’a de cesse de répéter Axa.  

Concepcion Alvarez @conce1


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