Élue au Parlement européen depuis 2009, ingénieure biologiste de formation, Michèle Rivasi vient de mourir à 70 ans d’une crise cardiaque à Bruxelles. Les hommages qui lui sont rendus sur les réseaux sociaux évoquent la combattante infatigable contre les lobbies du nucléaire et des pesticides, la lanceuse d’alerte et son activité tous azimuts pour préserver la santé environnementale des humains et la biodiversité.

Michèle Rivasi a mené son premier combat médiatique face au lobby du nucléaire en 1986 quand elle avait dénoncé les mensonges d’État sur les impacts du nuage radioactif de Tchernobyl. Elle avait utilisé la tribune de l’émission de Michel Polac, Droit de réponse, pour ébranler les certitudes assénées à l’époque selon lesquelles le nuage radioactif s’arrêtait aux frontières de la France. Il y a près de 40 ans, faire entendre une parole scientifique contradictoire et indépendante était rarissime.
C’est alors qu’elle co-fonde la Criirad, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, pour produire des études financées grâce aux dons, organisme qu’elle a présidé pendant une dizaine d’années. Michèle Rivasi n’avait pas pour autant abandonné le nucléaire mais elle s’intéressait aussi aux impacts des champs électro-magnétiques à travers le Criirem, un laboratoire dédié qu’elle avait fondé en 2005 pour s’intéresser aux impacts de la 5G ou des compteurs Linky.

"Une grande dame de l’écologie politique"


Michèle Rivasi est entrée en politique en devenant députée de la Drôme en 1997, puis députée européenne en 2009. Élue écologiste, elle a mené tous les combats contre l’industrie des pesticides et a dû encaisser les défaites récentes à Bruxelles avec le vote du Parlement contre la réduction des pesticides. Michèle Rivasi se rendait justement au Parlement, où elle siégeait à la commission Environnement quand elle a été foudroyée par une crise cardiaque.
Pour Marine Tondelier, la secrétaire nationale d’EELV, c’est "une grande dame de l’écologie politique qui est morte" le 29 novembre. Pour Raphaël Glucksman, le député européen Place publique, qui la côtoyait au Parlement, c’est une "inlassable écolo, chaleureuse et colérique" qui s’en est allée. Mais finalement c’est Michèle Rivasi qui parle le mieux d’elle-même dans ce clip de campagne écologiste pour les élections européennes de 2019, où la liste EELV était emmenée par Yannick Jadot, son adversaire aux primaires du parti vert pour les Présidentielles, trois ans auparavant.


Éphémère directrice de Greenpeace, Michèle Rivasi était rétive aux institutions et menait des combats tous azimuts, y compris contre la vaccination pendant la pandémie de Covid. Pour son parti, elle reste "une figure inspirante, stimulante et engagée…qui a laissé une empreinte indélébile sur de nombreux aspects de la législation européenne."
Anne-Catherine Husson-Traore, directrice des publications de Novethic

Découvrir gratuitement l'univers Novethic
  • 2 newsletters hebdomadaires
  • Alertes quotidiennes
  • Etudes