Publié le 04 février 2019

ENVIRONNEMENT

Tri des déchets : le gouvernement pose un ultimatum aux chaînes de fast-food

Convoquées par la Secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, les chaînes de restauration rapide ont jusqu'à la fin du mois de mars pour proposer "un plan de mise en conformité" en matière de tri des déchets. Outre un rappel à l’ordre, elles risquent des sanctions financières et pénales en cas de non-respect de la réglementation.

Les chaînes de restauration rapide ont jusqu'à la fin du mois de mars pour proposer "un plan de mise en conformité" en matière de tri des déchets
@chef2323

McDonald's, Burger King, Starbucks ou Domino's, au rapport ! Les chaînes de fast-food étaient convoquées ce jeudi 31 janvier par la Secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson. Au menu de la réunion : leurs obligations réglementaires en matière de gestion de déchets… qu’ils sont loin de respecter selon des contrôles effectués par les équipes du ministère dans une cinquantaine de salles de restauration rapide sur l'ensemble du territoire français.

Selon ces contrôles, "aucune" chaîne n'est actuellement en "conformité totale" avec la réglementation. La plupart ne proposent "même pas" une infrastructure le permettant, selon la secrétaire d’État.

Face à ce manque d’allant, le gouvernement donne deux mois aux chaînes pour agir. "Je leur ai dit très clairement que d'ici la fin du mois du mars, je voulais qu'ils remettent un plan très concret de mise en conformité avec la réglementation", a déclaré Brune Poirson.

Amendes et name and shame pour les mauvais élèves  

Il existe des "moyens de pressions très clairs" contre les mauvais trieurs, des amendes, mais aussi "des sanctions pénales qui peuvent aller jusqu'à des peines de prison", a-t-elle rappelé. Le non-respect du tri des cinq flux (papier et carton, métal, plastique, verre, bois) est passible d'une sanction administrative d'un montant maximal de 150 000 euros et constitue une infraction pénale punie d'une peine maximale de deux ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

Le gouvernement envisage également de "donner publiquement les noms" des chaînes qui ne respecteraient pas la réglementation, formalisée par un décret de mars 2016. 

"On est tous d'accord pour dire qu'il faut faire en sorte qu'on vive mieux sur cette planète", a réagi Dominique Bénézet, délégué général du syndicat national de l'alimentation et de la restauration rapide à l'issue de la réunion. Mais "on ne peut pas changer les habitudes comme ça d'un claquement de doigts par un décret ou par un arrêté", assure-t-il. Tout en concédant que "des efforts restent à faire".

Pour réduire les déchets, la loi alimentation prévoyait l'interdiction des ustensiles en plastique comme les pailles, couverts et bâtonnets dès 2020. Mais le Sénat est en partie revenu sur cette mesure le 31 janvier dernier en repoussant d'un an cette interdiction. Le gouvernement, qui était favorable à ce report, dit "ne pas reculer" contre la suppression des objets en plastique. 

La rédaction avec AFP 


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