Publié le 20 novembre 2017

ENVIRONNEMENT

Même dans les plus profonds océans, les animaux sont contaminés au plastique

Même à plus de 11 kilomètres de profondeur, les estomacs des créatures marines contiennent des microfibres de plastique. C'est le résultat d'une étude menée par l'Université de Newcastle et publiée le 14 novembre. "Plus aucune zone, même la plus reculée, ne semble épargnée par la pollution au plastique", analyse le Dr Alan Jamieson qui a dirigé l'étude. 

100 % des estomacs des animaux marins testés dans la dans la fosse des Mariannes de l'océan Pacifique, soit l'endroit le plus profond de la Terre, contenaient des microparticules de plastique.
Marina Fabre

"C'est une découverte très inquiétante". Voilà comment le Dr Alan Jamieson qualifie les résultats de la recherche qu'il a dirigée à l'Université de Newcastle. Rendue publique le 14 novembre, cette étude montre que les fibres plastiques ont atteint "les gouffres les plus profonds de nos océans" et que les animaux aquatiques les ont déjà ingérés.

Les chercheurs ont ainsi procédé à des tests à plus des profondeurs extrêmes dans l'océan pacifique. 50 % des animaux prélevés dans la fosse des Nouvelles-Hébrides (-7 000 mètres) contenaient des fibres artificielles et du plastique dans leur estomac. Ce taux atteignait même 100 % dans la fosse des Mariannes (-11 000 mètres) de l'océan Pacifique, l'endroit le plus profond sur la Terre.

"Plus aucune zone, même la plus reculée, n'est épargnée"

"Les organismes vivants dans les profondeurs de la mer sont tributaires de la nourriture qui s'infiltre de la surface", explique le Dr Jamieson. Or, selon l'étude, plus de 300 millions de tonnes de plastiques jonchent les océans et plus de 250 000 tonnes flottent à la surface. En témoigne les photos publiées par la photographe Caroline Power montrant une grande barrière de... plastiques recouvrant une zone de la mer de Caraïbes censée être un refuge pour la biodiversité marine. "Plus aucune zone, même la plus reculée, ne semble épargnée par la pollution du plastique", souligne le chercheur.

Les microfibres trouvées sont issues du textile comme le nylon par exemple, mais aussi de bouteilles plastiques ou des équipements de mer. "Nous avons estimé que nous devions faire cette étude étant donné l'accès unique que nous avons à certains des endroits les plus reculés du monde, et nous utilisons ces échantillons pour faire une déclaration poignante sur l'héritage de l'humanité", explique le Dr Alan Jamieson.

L'humanité mange le plastique qu'elle rejette 

Cette étude fait écho à une multitude de recherches universitaires publiées ces dernières années sur le même thème. Le 6 septembre, une étude publiée par Orb Media avait passé au crible des échantillons d'eau du robinet d'une douzaine de pays. Les résultats étaient sans appel : 83 % des échantillons étaient contaminés par des fibres plastiques. De même, dans la revue Scientific Report, une étude menée par des chercheurs malaisiens, français et britanniques avait révélé la présence de microparticules de plastiques dans 16 des 17 sels de tables provenant de 8 pays différents.

Au final, l'humanité mange le plastique qu'elle rejette. Une étude publiée en janvier 2017 par l'université de Gand, en Belgique, a montré que les consommateurs de produits de la mer ingéraient jusqu'à 11 000 microparticules de plastique chaque année. Or, 1 % de ces microparticules sont absorbées par les tissus corporels.

Marina Fabre @fabre_marina


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