Publié le 01 juillet 2022

ENVIRONNEMENT

Les ministres et haut-fonctionnaires vont être formés aux enjeux écologiques

Le gouvernement a entendu l’appel de la société civile. Alors qu’une pétition réclamait la formation des ministres aux enjeux environnementaux, la Première ministre Élisabeth Borne a approuvé leur demande. En plus des équipes ministérielles, 25 000 fonctionnaires cadres devraient être formés. Si pour l’instant rien de concret n’a fuité, un bras de fer se joue pour une formation la plus ambitieuse possible.

Elisabeth borne Julien de rosa afp
Elisabeth Borne a annoncé la formation des équipes ministérielles aux enjeux écologiques.
JULIEN DE ROSA / AFP

C’est une nouvelle qui est passée inaperçue. Glissée dans un communiqué portant sur la remise du rapport du Haut conseil pour le climat, la Première ministre en charge de la planification écologique Élisabeth Borne a annoncé que "les équipes ministérielles seront formées aux évolutions des problématiques environnementales et à leur intégration dans l’élaboration des politiques publiques". Le but étant "d’engager l’ensemble du Gouvernement dans la planification écologique dans tous domaines de l’État". Un "grand plan de formation des fonctionnaires" sera également mis en place, écrit la Première ministre.

"Le pouvoir politique a entendu notre appel", s’enthousiasme Éric Duverger fondateur de la Convention des entreprises pour le climat. En mai dernier, avant la formation de l’actuel gouvernement, une vingtaine de personnalités, dont le réalisateur Cyril Dion, le psychologue Boris Cyrulnik, l'activiste Camille Étienne, ou encore la sociologue Dominique Meda, avait appelé les ministres à suivre une formation de 20 heures sur les enjeux écologiques afin que leurs décisions ne puissent plus ignorer les faits scientifiques concernant le changement climatique et la perte de biodiversité. 

"De nouvelles mesures seront annoncées prochainement"

À l'initiative de Flora Ghebali, entrepreneure et auteure de "Ma génération va changer le monde", cet appel vise à pouvoir reproduire ce qui a fonctionné pour la Convention citoyenne pour le climat. Les 150 Français tirés au sort avaient eux-mêmes suivi une telle formation et s’étaient finalement accordés sur des mesures écologiques particulièrement ambitieuses.

Depuis la parution de cette pétition, le cabinet de la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin et celui de la Transformation et de la Fonction publique, Stanislas Guerini sont chargés de plancher sur cette future formation aux enjeux de la transition écologique. Pour l’instant, à part cette annonce succincte, sur le fond des formations, rien de concret n’a été communiqué. "On est en discussion", affirme une proche source du dossier. "La formation pourra être longue, courte, cela va dépendre de la motivation des équipes". Contacté par Novethic, le cabinet de Stanislas Guerini affirme qu’il s’agit d’une "première étape d’un projet large et concret". "De nouvelles mesures seront annoncées prochainement", affirme-t-on. Au total, 25 000 cadres de la fonction publique devraient être concernés.

Les ministres après les députés 

Si le collectif étudiant Pour un réveil écologique, signataire de la pétition, se réjouit de cette nouvelle, il compte bien faire pencher la balance vers une formation ambitieuse. Le 20 juin dernier, pendant les trois premiers jours de leur mandat, les députés ont eux aussi pu être formés au climat et à la biodiversité. Mais la formation express d’une vingtaine de minutes, à l’initiative d’un collectif de scientifiques et du Réveil écologique, a été beaucoup critiquée. "Il s’agissait d’une première étape de sensibilisation, un préalable nécessaire à l’action", assure Léa Falco, du collectif étudiant. 

Au-delà même de la forme que prendra cette initiative, la tribune des personnalités réclamant la formation des ministres avait elle aussi été très critiquée. "Si Président et ministres mènent une politique anti-écologique depuis des années, est-ce réellement en raison d'un manque de formation? N'est-ce pas plutôt un choix politique clairement assumé de ne pas chambouler notre modèle économique?", s'interrogeait sur Twitter l'économiste et membre d'Attac Maxime Combes. 

Marina Fabre Soundron @fabre_marina et Mathilde Golla @Mathgolla


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