Publié le 29 mai 2017

ENVIRONNEMENT

Le G7 ne parvient pas à aligner Donald Trump sur l'urgence climatique

Pour la première fois de son histoire, les dirigeants du G7 se sont séparés sans s’entendre sur le climat. Les États-Unis de Donald Trump font bande à part, même si Emmanuel Macron estime qu’il y a eu un progrès et de vrais échanges.


@G7

La fameuse poignée de main virile d’Emmanuel Macron, qui a tant fait parler, n’aura pas suffi à faire plier Donald Trump. Samedi 27 mai, les dirigeants du G7 (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon, Canada et Italie) ont quitté Taormina en Sicile sans accord sur le climat. Le maigre espoir que Washington y annonce son maintien dans l’effort mondial pour limiter le réchauffement sous 2°C d’ici la fin du siècle a fait long feu.

C’est la première fois qu’un G7 s’achève sans position commune sur le climat. Trois des trente-neuf points du communiqué final sont regroupés dans la partie "Énergie et Climat". Le premier parle du nucléaire et le troisième du soutien nécessaire aux pays émergents. Mais c’est le deuxième qui est essentiel. Il indique : 

"Les États-Unis d'Amérique sont en train de revoir leur politique sur le changement climatique et sur l'Accord de Paris. Ils ne sont donc pas en mesure de se joindre au consensus sur ces sujets. Dans ce cadre, les dirigeants des gouvernements du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni et les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne réaffirment leur ferme engagement à mettre en œuvre rapidement l'Accord de Paris, comme indiqué précédemment au sommet d'Ise-Shima".

L’économie américaine avant tout

Cet échec était annoncé puisque à la veille du rendez-vous des grandes puissances occidentales, l’administration américaine avait mis un coup de pression sur le sommet. "Nous savons que les niveaux sur lesquels l'administration précédente s'est engagée seraient très handicapants pour la croissance économique américaine", avait affirmé Gary Cohn, conseiller économique de Donald Trump.

L'objectif des États-Unis fixé par Barack Obama, dans le cadre de l’Accord de Paris, consiste en une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005. Gary Cohn nuance cependant. "Le président (…) veut savoir ce que les dirigeants du G7 ont à dire sur le climat (…) Il veut faire les bons choix pour l'environnement. Cela le préoccupe. Mais il est aussi très préoccupé par la création d'emplois pour les travailleurs américains".

A six contre un

Face à ce maigre résultat, il y a les pessimistes comme la chancelière allemande Angela Merkel. Elle juge les discussions sur le climat totalement infructueuses. "Toute la discussion sur le sujet du climat a été très difficile, pour ne pas dire pas du tout satisfaisante (…) Nous avons ici une situation à six contre un, ce qui signifie qu'il n'y a encore aucun signe quant à savoir si les Etats-Unis resteront ou non dans l'Accord de Paris", juge-t-elle.

Emmanuel Macron, qui faisait ses premiers pas sur la scène internationale, se veut résolument optimiste. Même s’il acte l’absence de consensus, il tempère : "Je considère qu'il y a eu un progrès et qu'il y a eu de vraies discussions et de vrais échanges (…) Il faut tenir compte du point de départ lorsque beaucoup pensaient encore, il y a quelques semaines, que les Etats-Unis allaient quitter l’Accord de Paris sur le climat", a-t-il expliqué.

 

Le poids de la Chine

Et maintenant ? "Je donnerai ma décision finale sur l’Accord de Paris la semaine prochaine", a tweeté le Président américain dimanche 28 mai lors de son retour au pays. Mais que les Américains décident de rester ou de sortir n’est qu’une question de symbole. Car la nouvelle administration est déjà en train de détricoter toutes les mesures de transition énergétique engagées sous la mandature précédente.

 

A plus long terme, il faudra avoir les yeux tournés vers le G20 en Allemagne les 7 et 8 juillet prochain. Cette fois-ci, Donald Trump ne devra pas seulement faire face aux occidentaux mais aussi au poids lourd chinois. Lors des négociations sur le climat à Bonn mi-mai, Pékin a manifesté son inquiétude de devenir la seule superpuissance à faire des efforts sur ses émissions alors que les Etats-Unis hésitent et que l’Europe a perdu le leadership sur le sujet.

Ludovic Dupin, @ludovicdupin


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