Publié le 21 janvier 2022

ENVIRONNEMENT

Horloge de l’Apocalypse : il est minuit moins cent secondes avant la fin du monde

Il ne reste plus que cent secondes à l'humanité avant la fin du monde, selon l'Horloge de l'Apocalypse, qui vient d'être réactualisée. Celle-ci a été créée il y a 75 ans pour alerter sur les crises mondiales qui mettent en péril l'humanité. Changement climatique, armes nucléaires, pandémie et désinformation sont les principaux risques identifiés. Depuis trois ans, nous n'avons jamais été si proche de minuit, qui marque symboliquement l'apocalypse.

Doomsday Clock 2022
L’Horloge de l’Apocalypse marque cette année encore 23h58min20sec.
@The Bulletin of the Atomic Scientists

Le monde reste toujours très proche de l’"apocalypse", à en croire la Doomsday Clock, l’Horloge de l’Apocalypse, lancée en 1947 pour marquer symboliquement le temps qu’il reste avant la fin du monde, minuit étant l’heure fatidique. Actualisée chaque année depuis 75 ans par le Bulletin of the Atomic Scientists, elle marque cette année encore minuit moins cent secondes, soit 23h58min20sec. Cela fait trois ans que l’humanité est si proche de la fin. 

"Le monde reste coincé dans un moment extrêmement dangereux" se justifient les scientifiques. "L'horloge de la fin du monde continue de planer dangereusement au-dessus de nos têtes, nous rappelant tout le travail qui reste à faire pour assurer une planète plus sûre et plus saine. Nous devons continuer à éloigner les aiguilles de l'Horloge de minuit" a insisté Rachel Bronson, la présidente du Bulletin of the Atomic Scientists, spécialiste de la géopolitique de l’énergie.

La désinformation aggrave la situation

Les risques auxquels l’humanité doit faire face sont toujours la prolifération nucléaire, le changement climatique et la pandémie, exacerbés par "un écosystème de l’information dysfonctionnel qui sape la prise de décision rationnelle", note l’organisation. Davantage que les années précédentes, la question de l’information est vue comme cruciale par l’ONG. Herb Lin, expert en sécurité numérique, s’inquiète ainsi qu’aucun "argument rationnel" ne suffise désormais à persuader des personnes aux croyances bien ancrées, conduisant à des "fractures dans notre compréhension commune de ce qui est vrai".

"L’année dernière […] nous avons eu le dôme de chaleur au-dessus de l’Amérique du nord, des incendies dans le monde entier, des sécheresses et des inondations, mais ce n’est qu’un échantillon de ce qui nous attend si nous ne ramenons pas les émissions de CO2 à zéro", a déclaré Raymond Pierrehumbert, Professeur de physique à l’université d’Oxford. "L'expérience d'une crise qui s'aggrave a animé des manifestations et autres expressions d'alarme de la société civile cette année. Mais la question de savoir si elles transformeront les politiques, les investissements et les comportements reste l'une des plus importantes auxquelles la société mondiale est confrontée" a-t-il ajouté.

L’horloge de l’apocalypse indiquait à sa création minuit moins sept

Parmi les pistes d’actions proposées, il y a par exemple une meilleure coopération américaine-russe sur les armes nucléaires, la réduction des risques biologiques et une plus grande capacité hospitalière, la décarbonation de l’économie, la réorientation des fonds des projets de combustibles fossiles vers des investissements respectueux du climat, un soutien financier accru et une meilleure coopération technologique des pays les plus riches aux pays en développement pour entreprendre une action climatique forte.

Le Bulletin of the Atomic Scientists a été créé en 1947 par des scientifiques qui avaient aidé à développer les premières armes atomiques. Ils avaient alors estimé qu'ils "ne pouvaient pas rester à l'écart des conséquences de leur travail" et ont travaillé pour informer le public et les décideurs des menaces d'origine humaine pour l'existence humaine. Le Bulletin a été fondé sur la conviction que parce que les humains avaient créé ces problèmes, ils avaient l'obligation et la possibilité de les résoudre.

L’horloge de l’apocalypse indiquait à sa création minuit moins sept. En 1991, à la fin de la Guerre froide, elle avait reculé jusqu’à 17 minutes avant minuit. En 1953, ainsi qu’en 2018 et 2019, elle affichait minuit moins 2 minutes en raison du changement climatique.    

Concepcion Alvarez @conce1


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