À l’origine de la crise des Gilets jaunes, on trouve l’augmentation de la taxe carbone, qui doit entre autres financer la transition écologique. Ses augmentations prévues pour 2019 ont été annulées par le gouvernement. Dans une tribune, des députés refusent d'abandonner cet outil mais veulent le rendre plus juste. 

Alors que la crise des Gilets jaunes ne se dément pas avec des manifestations tous les samedis, c’est un sujet sensible auquel s’attellent 86 députés de plusieurs bords politiques. Dans une tribune publiée dans Le Figaro, ils appellent à redéfinir une taxe carbone "juste socialement". C’est précisément cette taxe qui avait conduit à des hausses des prix des carburants et mis les premiers manifestants dans la rue, inquiets pour leur pouvoir d’achat.
"Pour nous, la fiscalité carbone n’est pas un dogme, pas plus qu’un marqueur politique", écrivent les auteurs dont Barbara Pompili (LREM), Matthieu Orphelin (ex-LREM), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Guillaume Garot (PS). Pour eux, il s’agit "d’un outil efficace pour faire évoluer les décisions d’investissement, favoriser les comportements vertueux, donner un avantage aux véhicules ou aux chaudières qui consomment peu ou pas d’énergies fossiles, et répondre à l’urgence climatique".
Ils constatent que cette taxe "a cristallisé des tensions accumulées depuis des décennies et nourri le sentiment d’injustice fiscale et d’abandon de la France rurale". Pour eux, il faut prendre exemple sur le Canada où cette taxe a été rendue plus " juste" en reversant "100 % des revenus générés (..) aux citoyens et aux entreprises, sous forme d’aides à la transition énergétique ou de baisses de taxes".
Au programme du grand débat
Pour l’heure le gouvernement a reculé sur le sujet de la taxe carbone puisque l’augmentation prévue le 1er janvier a été repoussée avant d’être simplement abandonnée pour 2019. Le ministre de la Transition écologique François de Rugy et la secrétaire d’État Brune Poirson espèrent pourtant remettre le débat sur la table à l’occasion du grand débat national. Ce qui semble peu probable tant ce sujet est sensible.
Même Matthieu Orphelin se montre prudent sur France Info : "Ce n’est pas le retour de la taxe carbone telle qu’elle a été envisagée et qui a été la goutte d’eau ou l’étincelle qui a lancé cette mobilisation des gilets jaunes", nuance-t-il. Il parle d’une réflexion sur la manière de concevoir une fiscalité écologique plus juste socialement.
D’autres députés non-signataires dénoncent cette tribune. "Sur les taxes énergétiques, moi je souhaite qu’on dise d’abord ce qu’on veut financer et ensuite ce qu’on réduit comme impôt", explique la présidente du groupe PS à l’Assemblée Valérie Rabault. De son côté, Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, dénonce "le concours Lépine de la stupidité fiscale". Il ajoute : "On nous propose comme sortie de crise d’augmenter la taxe carbone, de diminuer les crédits d’impôts".
Ludovic Dupin, @LudovicDupin

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