Publié le 23 mai 2019

ENVIRONNEMENT

Élections européennes : le dernier débat place le climat et l’écologie en priorité… mais reste flou

Contrairement aux habitudes, ce n’est pas la compétitivité industrielle du continent ou la crise migratoire qui ont été moteurs du débat sur l’Europe. C’est le climat et l’environnement qui ont pris cette place, le 22 mai. Si le débat fut peu constructif, il a eu le mérite de montrer que l’appel écologique et social venu des citoyens a été entendu désormais par tous les partis présents.

Debats europeennes 2019 LionelBonaventure AFP
Le 22 mai, un débat a réuni les six grandes listes candidates aux élections européennes.
@LionelBonaventure/AFP

À quatre jours de l’élection européenne, le principal débat de la campagne se déroulait sur France 2 et France Inter le mercredi 22 mai. Les six "grandes listes" s’affrontaient en première partie de soirée, représentées par François Bayrou pour La République en marche, Manon Aubry pour La France insoumise, Raphaël Glucksmann pour Place publique, Yannick Jadot pour EELV, Laurent Wauquiez pour Les Républicains et Marine Le Pen pour le Rassemblement national. Un second débat réunissait neuf "petites listes" (PCF, UDI, Alliance jaune, DLF, Urgence Écologie, Génération·s, Les Patriotes, LO et UPR). En tout, 15 des 34 listes étaient représentées.

Pour la première fois dans ce type d’exercice, c’est l’écologie et l’environnement qui ont ouvert les discussions et ont occupé presque plus d’un tiers du temps d’antenne. Bien qu’abordés de manière floue et dispersée, le climat, l’environnement et la neutralité carbone sont venus bien avant les questions de protectionnisme et d’immigration. Un signe fort qui montre que l’attente écologique des Français et des Européens a été entendu.

Écologie et social

On peut s’en réjouir même si des impasses ont eu lieu sur le glyphosate, l’énergie, la biodiversité ou l’agriculture. Du moins pour les listes "poids lourds". Reconnaissons aux "petites listes" du deuxième débat d’être allées plus loin en abordant la politique agricole commune, le coût des dépollutions, la place du bio, la taxe kérosène ou encore les produits phytosanitaires… là encore dans un certain désordre.

Globalement, les six principales listes semblent s’aligner sur la position imposée par l’ancien ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Il l’avait présentée lors de sa démission du gouvernement en août dernier. Il s’agit de "combiner les problèmes de fin du mois avec les problèmes de fin du monde". Message bien entendu… et bien repris. Ainsi, ce 22 mai, on a vu Manon Aubry (France Insoumise) appeler à une écologie populaire, tandis que Yannick Jadot (EELV) mettait sur le même plan le "combat écologique" et le "combat social".

Cet enjeu social s’est cristallisé, ces derniers mois en France, autour de la question de la taxe carbone appliquée aux carburants qui a poussé les Gilets jaunes dans la rue. Une taxe dénoncée par Laurent Wauquiez (LR) qui appelle à ce que celle-ci ne s’applique pas en France mais aux frontières de l’Europe : "Nous demandons une taxe pour les produits importés de pays qui ne respectent pas nos règles. Arrêtons de pénaliser nos producteurs".

Une banque du climat

De l’autre côté du prisme politique, Manon Aubry rejette aussi cette taxe dans sa forme actuelle : "Nous nous sommes opposés à la taxe carbone en France parce qu'elle pénalisait davantage les ménages les plus pauvres". Elle évoque ces Français dépendant de la voiture sans autre offre de mobilité. De son côté, Marine Le Pen (RN) dénonce l’écologie punitive et assure que seul le "localisme" est une réponse à tous les défis environnementaux.

La question du financement de la transition écologique globale n’apparaîtra, quant à elle, que dans les propos de Raphael Glucksmann (Place Publique). "Tout le monde peut promettre la transition écologique, mais qui paie ? Nous affirmons que ce sont les principaux pollueurs qui doivent payer", assure-t-il. Il appelle à taxer les grandes entreprises pour abonder un budget climat et une banque du climat. C’est une proposition inscrite dans le pacte Finance-Climat, porté par l’économiste Pierre Larrouturou, également candidat sur la liste Place Publique.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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