Publié le 24 juin 2020

ENVIRONNEMENT

Climat : ne pas respecter l'Accord de Paris pourrait coûter 600 000 milliards de dollars

Des chercheurs se sont penchés sur le coût de l'inaction climatique. Le non-respect de l'Accord de Paris, qui vise un réchauffement limité à 2°C voire 1,5°C d'ici la fin du siècle, pourrait coûter jusqu'à 600 000 milliards de dollars. Il est donc urgent que les États relèvent leurs ambitions alors que la COP26 sur le climat a été reportée à 2021 en raison du Covid-19.

Csm COP21 Laurent Fabius Christina Figueres Ban Ki Moon accord 12 decembre 2015 Francois Guillot AFP 90a228bae3
Les Etats ont jusqu'à la fin de l'année pour relever leur ambition climatique conformément à l'engagement pris dans le cadre de l'Accord de Paris en 2015.
AFP / François Guillot

Le non-respect des objectifs de l'accord de Paris en matière de réchauffement climatique pourrait coûter jusqu'à 600 000 milliards de dollars d'ici la fin du siècle, selon une étude publiée mi-avril dans Nature Communications. L'accord, signé en 2015, affiche l'objectif de contenir le réchauffement "nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels" et si possible à 1,5°C, les pays s'engageant sur des "contributions nationales" (NDC) à renouveler tous les cinq ans.   

L'étude identifie les coûts tels que les dommages liés aux événements climatiques, ainsi que les investissements  comme les technologies bas-carbone, pour évaluer les pertes ou gains théoriques pour l'économie mondiale selon différents scénarios. Si les NDC actuelles n'étaient pas rehaussées, cela pourrait coûter entre 126 000 et 616 000 milliards de dollars aux Etats d'ici 2100. Pire, si les NDC actuelles n'étaient pas appliquées, les pertes approcheraient les 800 000 milliards de dollars dans le pire des scénarios, soit entre 1,4 et 7,5 fois le PIB mondial actuel.  

Immenses pertes économiques

À contrario, l'économie mondiale pourrait voir des gains de 336 000 à 422 000 milliards en respectant les objectifs de 2°C ou 1,5°C respectivement. Et un équilibrage des pertes et des recettes nécessiterait des investissements entre 18 000 et 113 000 milliards dollars, dont plus de 90 % de la part des pays du G20, selon l'étude.  

"Sans ces investissements, les émissions (de gaz à effet de serre) ne peuvent être réduites, et les dommages climatiques auront une plus grande probabilité de se produire, entraînant d'immenses pertes économiques. Si les pays sont conscients qu'ils vont encourir ces pertes s'ils ne réduisent pas leurs émissions, seront-il plus rationnels dans leurs choix, renforçant leur réponse au changement climatique ?", interroge déclaré Biying Yu, de l'Institut de technologie de Pékin, principal auteur de l'étude.   

Les NDC actuelles - qui devaient être révisées lors de la COP 26 en novembre à Glasgow, reportée pour cause de pandémie de Covid-19 - placent la planète sur la trajectoire d'un réchauffement de 3°C à 4°C d'ici 2100, selon les experts de l'ONU. Sept pays ont à ce jour présenté une nouvelle contribution climatique nationale sans forcément en relever l'ambition. Ils représentent en outre 2,8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Concepcion Alvarez avec AFP


© 2022 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Climat

Les alertes sur le changement climatique lancées par les scientifiques conduisent à l’organisation de sommets internationaux, à la mise en place de marché carbone en Europe mais aussi en Chine. En attendant les humains comme les entreprises doivent déjà s’adapter aux changements de climat dans de nombreuses parties du monde.

G7 club climatique JOHN MACDOUGALL POOL AFP

Le G7 créé un "club climatique", une diplomatie "commando" contre le réchauffement

Les dirigeants du G7 réunis en Allemagne ont annoncé le 28 juin la création d'un "club climatique". Face à l'échec des pays actuels à respecter la trajectoire de l'Accord de Paris, ce "commando" sera chargé de coordonner et de renforcer la lutte contre le changement climatique. Si l'initiative est...

Ampoule eteinte sobriete energetique pixabay neymark195

Engie, EDF, TotalEnergies... Quand les trois plus grands énergéticiens français appellent à une certaine "sobriété"

Dans une tribune inédite, les trois dirigeants des plus grandes entreprises de l'énergie en France appellent les consommateurs et les entreprises à la "sobriété". Face à des approvisionnements, en gaz russe notamment, de plus en plus incertains, ils craignent de devoir faire face à de nombreuses...

Tudiants poussent les entreprises a repondre a l urgence climatique Istock 01

Polytechnique, Sciences Po, AgroParisTech : comment la remise des diplômes, vitrine des grandes écoles, est devenue politique

Plus aucune remise de diplômes ne se déroule désormais sans un appel fort des jeunes à répondre à l'urgence climatique. Ce week-end, les étudiants de Sciences Po et Polytechnique n'ont pas manqué cette opportunité. Un "processus de politisation" de plus en plus présent dans les grandes écoles où la...

Marseille vieux port ludovic marin afp

Montée des eaux : D’ici 30 ans, des tsunamis vont déferler en Méditerranée

Alors que les océans indien et pacifique sont régulièrement touchés par des tsunamis, d'ici 2050, les côtes méditerranéennes seront elles aussi impactées. La probabilité est de 100 %, selon l'Unesco qui vient d'étendre son programme de protection à toutes les zones à risque dans le monde, dont la...