Publié le 06 avril 2018

ENVIRONNEMENT

Le gouvernement donne 1,1 milliard d'euros aux agriculteurs pour qu'ils se convertissent en bio

Le gouvernement mise sur la conversion des agriculteurs en bio. Il va mettre 1,1 milliard d'euros sur la table, soit une augmentation de 67 %, affirme le ministère de l'Agriculture. Le gouvernement espère ainsi réduire les importations qui représentent aujourd'hui 30 % des produits bio consommés en France et répondre aux attentes des consommateurs. 

Conversation agriculture bio
La France représente la troisième surface bio en Europe.
Pixabay

1,1 milliard d’euros. C’est le montant des crédits accordés par le gouvernement vers les agriculteurs bio. Une somme censée répondre à l’explosion de la demande en produits bio et une augmentation de 62 % par rapport à l’enveloppe précédente, affirme le cabinet du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert.

"Si on veut atteindre 15 % de surface agricole utile en production bio en 2022 et si l'on veut être capable de structurer une offre qui réponde à notre objectif d'avoir 20 % de produits bio en restauration collective publique en 2022 (50 % en comptant les produits locaux ou sous signe de qualité), il faut mettre le paquet sur l'accélération de la conversion, parce que c'est décisif dans la structuration de l'offre aujourd'hui", ajoute cette même source.

30% des produits bio consommés en France sont importés

La crainte du gouvernement : l’importation des produits bio à bas coûts qui rendrait les agriculteurs bio français moins compétitifs. Aujourd’hui, selon l’Agence bio, la France importe 30 % des produits bio qu’elle consomme. D’où le choix assumé de favoriser la conversion en bio plutôt que le maintien, l’enveloppe de 1,1 milliard y sera exclusivement consacrée.   

Une décision très critiquée du côté des ONG qui déplorent "la suppression de l’aide au maintien". En septembre, l'Etat, arguant d'une "impasse budgétaire", avait annoncé la suppression de sa participation à l'aide au maintien des agriculteurs bio, versée par les régions après les trois premières années de "conversion" au bio, pour les aider à soutenir leur exploitation.

Les ONG contre la suppression de l’aide au maintien

"Nous déplorons que l'Etat et l'Europe se désengagent du maintien à l'agriculture bio. C'est l'une des seules voies d'amélioration et aujourd'hui de rémunération des services environnementaux rendus par l'agriculture", déplorait Carmen Etcheverry, chargée de mission agriculture pour France Nature Environnement (FNE), jointe par l'AFP.

"On se réjouit que l'Etat honore sa parole et budgette suffisamment pour pouvoir payer les conversions des agriculteurs", a réagi Mathilde Théry, responsable agriculture et alimentation Fondation pour la nature et l'homme (FNH, ex-Fondation Hulot). "Mais ce ne sera pas forcément assez incitatif", a-t-elle estimé.

La rédaction avec AFP 


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