Publié le 18 septembre 2017

ÉNERGIE

En annonçant la fin des véhicules essences et diesel, la Chine impose au monde la voiture électrique

Le ministère chinois de l'Industrie a annoncé qu'il préparait l'interdiction des véhicules à propulsion thermique dans tout le pays. Si l'échéance n'est pas précisée, elle devrait se situer entre 2030 et 2040. La Chine est le septième pays au monde à prendre cette décision. Mais quand on pèse un quart du marché global des véhicules neufs, une telle annonce fait basculer l'industrie mondiale. 

Lors du salon de Shangai 2017, le fabricant chinois Qoros a présenté son dernier véhicule électrique : le K-EV.
Qoros

Qui aurait dit, il y en a encore quelques années, que l'un des plus importants signaux en faveur de la transition énergétique mondiale proviendrait de Chine, le deuxième émetteur de CO2 de la planète. C’est pourtant ce qui s’est passé le 11 septembre dernier. Le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information (MIIT) a annoncé l'interdiction à venir de la production et de la vente de véhicules essences et diesel.

Le gouvernement "a entamé des recherches (...) et va établir un calendrier en lien avec les administrations concernées", assure Xin Guobin, vice-ministre de l'Industrie. Une annonce faite depuis Tianjin. Mais son retentissement fut d'autant plus fort que se tenait au même moment le grand salon automobile de Francfort, qui faisait toujours la part belle aux véhicules thermiques.

Le septième pays à s'engager dans cette voie

"De telles mesures vont conduire à de profonds changements dans l'environnement de l'industrie automobile en Chine (…) Les entreprises devront, conformément aux exigences, améliorer le niveau d'économies d'énergie des voitures traditionnelles et développer vigoureusement les véhicules à énergies propres", prévient-il.

La Chine n'est pas le premier pays à prendre cette décision. Il est le septième après la France et le Royaume-Uni qui ont annoncé la même interdiction pour 2040, l'Allemagne, la Hollande et l'Inde pour 2030, la Norvège pour 2025. Mais l'impact n'est pas le même au niveau global quand c'est Paris ou Pékin qui font cette annonce.

Un quart du marché mondial

L'ancien Empire du Milieu a constitué un marché des véhicules neufs de 28 millions d'unités en 2016, dont 24,4 millions de voitures individuelles (contre 2 millions en France). C'est un peu plus d'un quart du marché mondial ! Le nombre de véhicules vendus a cru de 14 % sur un an. En 2024, il devrait passer à 42 millions, soit plus d'un tiers du marché mondial. À cette date, une large partie des ventes devrait déjà concerner des motorisations alternatives.

Mais d'ores et déjà, la Chine est l'un des tous premiers marchés de l'électrique. Selon l’Association des fabricants automobiles en Chine (CAAM), plus d'un million de voitures électriques ont été vendues en Chine, dont la moitié en 2016. En 2020, le groupement professionnel prévoit 2 millions d'unités vendues chaque année.

Tout électrique ?

U n autre monde par rapport aux -seulement - 30 000 voitures électriques qui parcourent les routes allemandes ou même les 100 000 qui sillonnent celles de la France. De plus, l'industrie automobile chinoise représente déjà plus de 50 % de la production mondiale des véhicules électriques. Elle fournit aussi 70 % de la demande mondiale de batteries.

Les grands constructeurs mondiaux savent que le marché de l'électrique passe par les consommateurs chinois. Volkswagen a donc décidé de concentrer dans le pays ses principaux développements industriels. General Motor y a placé toute sa R&D. Renault-Nissan et Ford y ont créé une société commune pour développer les motorisations électriques. C'est un signal fort qui montre déjà que la Chine va tirer toute la recherche mondiale vers la mobilité électrique. Reste à savoir si elle tuera dans ce même mouvement les autres types de propulsion comme le gaz ou l'hydrogène..

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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