Publié le 08 juillet 2019

ÉNERGIE

Total met en service la bioraffinerie de La Mède, malgré l'opposition écologiste

La raffinerie de biocarburants de Total à La Mède (Bouches-du-Rhône), l'une des plus grandes d'Europe, a démarré sa production la semaine dernière. Au grand dam des associations de défense de l'environnement qui s’opposent depuis des années à cette installation. En cause notamment son approvisionnement en huile de palme.

Total vient de mettre en service la bioraffinerie de La Mède, l'une des plus grandes d'Europe.
@Total

C’est l’une des plus grandes bioraffineries du continent que vient de mettre en service Total, dans le sud de la France. Au bord de l'étang de Berre, près de Marseille, l’ancienne raffinerie d'hydrocarbures reconvertie dispose d'une capacité de production annuelle de 500 000 tonnes de biocarburants - du "biodiesel" et du "biojet" pour l'aviation-, a expliqué le géant pétrolier dans un communiqué mercredi.

Le démarrage, dans la nuit de lundi 2 juillet, n'est pas allé sans mal. Il accuse près d'un an de retard, pour des "raisons techniques" liées à la "transformation d'installations existantes". Mais le site de La Mède, qui fonctionnera pour moitié sur la transformation d'huile de palme importée, a aussi fait face à une vive contestation des défenseurs de l'environnement et des agriculteurs.

Contestation devant la justice

Les associations environnementales, qui contestent devant la justice administrative l'autorisation d'exploitation accordée par le préfet (l'audience est attendue début 2020), accusent en effet ce projet de contribuer à la déforestation en Asie du sud-est. Total indique pourtant s'être "engagé à traiter chaque année au maximum 300 000 tonnes d'huile de palme, soit moins de 50% du volume des matières premières nécessaires".

Les carburants seront produits "pour 60-70% à partir d'huiles végétales durables (colza, palme, tournesol, etc.)" et "pour 30-40% à partir de retraitement de déchets (graisses animales, huiles de cuisson, etc.)". Or "Lorsqu'ils sont produits à partir de matières premières durables, comme c'est le cas à La Mède, les biocarburants émettent plus de 50% de CO2 en moins que les carburants fossiles", indique le groupe dans un communiqué. Tout en précisant que la certification de son huile de palme serait complétée par un dispositif spécial de contrôle de la durabilité et du respect des droits de l'Homme (limitation du nombre de fournisseurs, audits par des tiers...).

Mais les ONG, telles que Greenpeace et les Amis de la Terre, demandent plus de transparence sur la traçabilité et l'origine de la palme en dénonçant l'inefficacité de certaines certifications. Pour le climat, "les agrocarburants sont pires qu'une énergie fossile, parce qu'on déboise, on utilise des terres destinées à l'alimentation, et l'entreprise ne peut pas s'assurer qu'il n'y a pas de déforestation directe", surtout dans des pays où l'opacité règne, assure Laura Monnier, juriste de Greenpeace.

Huile de palme contre colza ?

Quant à France Nature Environnement, la section provençale s'inquiète des « conséquences sanitaires potentielles sur les citoyens" après avoir constaté "depuis plusieurs jours la présence de fumées noires émanant" du site.

De leur côté, des agriculteurs étaient venus bloquer le site de La Mède en juin 2018, protestant contre l'importation des matières premières et notamment de l'oléagineux asiatique "dont la part croît" dans l'essence en France au détriment notamment du colza. Là encore, Total répond qu’il s’est engagé à employer "au minimum 50 000 tonnes de colza français afin d'assurer un débouché supplémentaire à l'agriculture française".

L'essentiel de la production de La Mède ira au marché national. La France consomme environ trois millions de tonnes par an de biodiesels, incorporés à hauteur de 7,7% dans les hydrocarbures. Jusqu'ici, environ la moitié était produit en France.

La rédaction avec AFP


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ÉNERGIE

Energies renouvelables

Le développement des énergies renouvelables est chaotique un peu partout dans le monde mais les habitudes de production énergétique changent et la promotion des technologies vertes se développent. Photovoltaïque (énergie solaire), éolien, agrocarburants ou encore biodéchets, les possibilités sont nombreuses.

Panneaux solaires toitures pixabay

[Infographie] 100 % d’énergie renouvelable au niveau mondial en 2050, c’est possible et rentable !

Passer à 100 % d’énergies renouvelables, c'est possible en électrifiant tous les secteurs de l’énergie. Et ce serait même plus rentable que le système actuel. Voilà la conclusion à laquelle sont parvenus 14 scientifiques après quatre années et demie de recherches. Le dernier rapport sur les...

Centrale solaire Piolenc Arkuo Energy

[Bonne nouvelle] La France inaugure la plus grande centrale solaire flottante d’Europe sur un lac du Vaucluse

Le solaire flottant fait son apparition en France avec l'inauguration, il y a quelques jours, de la plus grande centrale photovoltaïque flottante d'Europe. Elle est installée sur un lac artificiel abandonné de la commune de Piolenc, dans le Vaucluse. Avec ses 47 000 panneaux, elle devrait alimenter...

Biomasse pixabay

[Bonne nouvelle] Strasbourg va produire de l’hydrogène propre à partir de biomasse dès 2021

Alors que les taxis à hydrogène se font de plus en plus visibles dans les rues de Paris, une unité de production d'hydrogène vert va voir le jour à Strasbourg d'ici 2021. Le procédé, unique au monde, consiste à fabriquer ce gaz à partir de biomasse, sans émettre de CO2. 650 kilogrammes pourraient...

Florence Parly photovolatique 2e regiment etranger de genie Saint Christol MinistereDefense

[Bonne Nouvelle] L’armée française mobilise ses terrains en faveur du photovoltaïque

L’un des plus grands propriétaires fonciers du pays, l’armée française, va mettre à disposition 2 000 hectares de terrains pour favoriser l’essor du photovoltaïque. Cette annonce du ministre des armées, Florence Parly, intervient alors que les forcées armées sont en pleine transition énergétique...