Publié le 21 novembre 2017

ÉNERGIE

Éolien offshore : la France va devoir batailler pour rattraper son retard, selon Édouard Philippe

[mis à jour le 21 novembre] La France avait prévu d’établir 6 000 MW d’éoliennes offshores au large de ses côtes en 2020. Mais à un peu plus de deux ans de l’échéance, aucun mât n’a encore été érigé. Pour le Premier ministre, ce retard fait désordre. Il veut lancer des études en 2018 afin d’accélérer la cadence. 

La France est très en retard sur le déploiement des énergies renouvelables en mer.

La France va devoir batailler ferme pour rattraper son retard dans les énergies marines renouvelables (EMR), a admis mardi le Premier ministre Edouard Philippe. "La mer, c'est une énergie. C'est surtout du retard, un retard qui (...) fait un peu désordre, un retard que nous essayons de rattraper, avec des résultats mitigés (...) Et je crains que si nous voulons rattraper ce retard, il ne nous faille souquer très ferme", a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe lors des Assises de la mer organisées mardi et mercredi au Havre.

Le gouvernement entend "lancer" en 2018 "les études préalables en vue de l'engagement des futurs appels d'offres dans l'éolien flottant en Bretagne et en Méditerranée" et "les études environnementales sur le projet de parc éolien posé au large d'Oléron". Et le Premier ministre a demandé au ministre de la Transition énergétique Nicolas Hulot "un travail de simplification radicale des procédures" pour créer des EMR.

L’hydrolien aux oubliettes

Interrogé par l'AFP, en marge des Assises, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) Jean-Louis Bal a jugé "assez décevant" ce discours. "Il n'y a pas un mot sur l'hydrolien (qui utilise la force des marées pour produire de l'énergie ndlr). Il a annoncé des choses qu'on savait déjà. On n'a pas de calendrier", a-t-il souligné, espérant des annonces plus concrètes de Nicolas Hulot, qui doit clôturer mercredi les assises.

Mi-novembre la "filière française des énergies renouvelables", le SER, EVOLEN (un réseau de près de 250 sociétés dont l'expertise couvre toutes les énergies), le GICAN (Groupement des industries de construction et activités navales) avaient dans un communiqué commun réclamé "le lancement dès à présent des appels d'offres annoncés, notamment au large d'Oléron" et un appel d'offres pour des fermes hydroliennes commerciales.

Inquiétude sur des rentabilités excessives

En mars 2017 la ministre de l'Energie Ségolène Royal avait déjà annoncé le lancement d'un "dialogue concurrentiel" en amont d'un appel d'offres pour un parc au large de l'île d'Oléron (Charente-Maritime).Et quelques mois plus tôt, elle avait annoncé que des "simplifications administratives" seraient mises en œuvre pour faciliter la concrétisation de projet d'EMR.

Par ailleurs, le gouvernement veut aussi se pencher sur le coût pour la collectivité des projets d'éolien en mer posé, actuellement en développement, largement subventionnés, a indiqué Matignon à l'AFP, confirmant une information des Echos. L'objectif est de s'"assurer que la rentabilité des projets n'est pas excessive", précise l'entourage du Premier ministre.

 

Les deux appels d'offres, qui portent sur six parcs d'environ 500 mégawatts chacun, ont abouti à des tarifs de vente de l'électricité produite de près de 200 euros le mégawattheure (MWh) garantis pendant 20 ans. Un prix plus élevé que celui sur le marché (environ 40 euros/MWh) et également bien plus que les prix qui ressortent d'appels d'offres plus récents dans d'autres pays d'Europe. Ces parcs, dont trois sont développés par EDF, deux par Engie et un par l'espagnol Iberdrola, doivent entrer en service à partir de 2021.

 

La Rédaction avec AFP


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