Publié le 26 avril 2018

ÉNERGIE

Un collectif d’étudiants de Sciences Po demande la fin du partenariat entre Total et l’école

Alors que le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles a pris racine dans les universités américaines, puis s'est propagé aux universités anglaises, la mobilisation des étudiants de Science Po constitue une première en France. Ils appellent à cesser le partenariat financier qui lie Total avec l'école depuis 2011.

Total verserait chaque année 200 000 euros à Science Po Paris via sa fondation.
@Science Po Paris

C’est un mariage un peu particulier qui a été simulé dans l’enceinte de l’école de la rue Saint-Guillaume fin mars par le collectif Sciences Po Zéro Fossile, celui de Sciences Po et Total. "Une union ratée et vouée à l’échec", selon les étudiants. Ils appellent la direction de l’école à cesser son partenariat avec le pétrolier et à refuser tout lien financier avec l’industrie fossile.

Une campagne qui s’inscrit dans le mouvement mondial Zéro Fossile qui a pris racine dans les universités américaines puis anglaises mais qui peine à prendre sur les campus français. L’action des étudiants de Sciences Po constitue une première en France.

"Soutenir l’industrie fossile apparaît comme une claire contradiction avec les missions de l’école. Sciences Po n’accepte plus les partenariats avec l’industrie des armes et du tabac. Pourquoi alors légitimer les choix industriels et l’influence politique destructrice de Total en acceptant un partenariat stratégique?", dénonce l’association.

Plus de 6 000 milliards de dollars d'actifs

Selon le collectif Sciences Po Zéro Fossile, l’influence de la société pétrolière et gazière se manifeste dans le contenu des cours, le choix des intervenants et dans les offres de stage ou d’emploi. Les étudiants dénoncent aussi une faible part des enseignements dévolus aux énergies renouvelables, ce que conteste la direction. Un "comité des dons", destiné à évaluer de manière indépendante les partenariats de l’école, va toutefois être mis en place.

Le mouvement international de désinvestissement de l’argent placé dans les compagnies minières, pétrolières et gazières s’inspire de celui mené dans les années 80 par des étudiants pour lutter contre l’apartheid. 852 institutions y adhèrent désormais. Elles représentent plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs.

Concepcion Alvarez, @conce1


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ÉNERGIE

Energies fossiles

L’extraction des énergies fossiles se fait à un coût environnemental de plus en plus élevé. Si leur épuisement est encore lointain, les modèles économiques qui ont fait la fortune des grandes compagnies pétrolières sont aujourd’hui bousculés.

Bernard Loomey PDG BP BP

Pour BP, le déclin du pétrole est déjà engagé

La demande de pétrole dans le monde pourrait avoir déjà atteint son pic et ne plus cesser de décliner en raison des conséquences de la pandémie et de la transition énergétique, estime le géant britannique des hydrocarbures BP.

Petrole de schiste ETats Unis Californie DavidMcNews GettyImage AFP

Le parapétrolier Schlumberger acte la fin de l’âge d’or du pétrole de schiste en Amérique du Nord

Le pétrole de schiste américain n’est pas mort, loin s’en faut. Mais il n’est plus la machine à cash qu’il fût. Les faillites à répétition, accentuées par la crise du Covid-19, le prouvent. On voit aussi désormais les parapétroliers tourner le dos à la fracturation hydraulique en Amérique du Nord....

Natural gas pixabay anita starzycka

L'empoisonnement de Alexeï Navalny pourrait être fatal au gazoduc russe Nord Stream 2

Déjà fragilisé par des sanctions américaines, le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Europe se retrouve face à un avenir incertain après l'empoisonnement d'Alexeï Navalny. Son principal promoteur, l'Allemagne, n'exclut plus de lui retirer son soutien en raison du refus de Moscou de...

Ours Blanc CC0

Feu vert pour des forages pétroliers dans une zone naturelle protégée en Alaska

Le gouvernement de Donald Trump a approuvé lundi 18 août un programme ouvrant la voie à des forages pétroliers et gaziers dans la plus grande zone naturelle protégée du pays, en Alaska, où vivent des ours polaires.