Publié le 29 janvier 2016

EMPREINTE TERRE

Etats-Unis : le climat, grand absent de la campagne présidentielle

Alors que Barack Obama avait fait de la lutte contre le changement climatique une des ses priorités, et un mois seulement après l’adoption de l’Accord de Paris, le climat reste un thème quasi absent de la campagne présidentielle américaine. A quelques jours des primaires, la majorité des prétendants républicains affichent leur climato-scepticisme. Côté Démocrates, la question reste reléguée au second plan. La candidate écologiste est quant à elle inaudible.

Le socialiste Bernie Sanders, candidat aux primaires démocrates américaines, est l'un des rares posutulants à la Maison Blanche à parler du réchauffement climatique.
Joe Raedle / Getty image / AFP

Le décompte, implacable, s'affiche en une du Washington Post : au cours des deux derniers débats entre les candidats à l'investiture aux Etats-Unis, le mot "climat" n'a jamais été prononcé par les Républicains et seulement 7 fois par les Démocrates. Le sujet est balayé par Daech, la Chine ou l’immigration. Un cas emblématique de la quasi absence des thématiques environnementales dans la campagne. Et un constat inquiétant à quelques jours du début des primaires.

 

Climato-scepticisme généralisé chez les Républicains 

 

Depuis le début de la campagne, tous les challengers républicains, dont les favoris Donald Trump et Ted Cruz, brandissent leurs convictions climato-sceptiques. A l'exception de Jeb Bush, qui a admis l'été dernier une part de responsabilité de l'Homme dans le changement climatique... tout en refusant une quelconque régulation étatique dans le secteur des énergies.

 

Le climat, nouvel angle d’attaque contre Hillary Clinton 

 

Côté Démocrates, le bilan n'est guère plus encourageant. Il a fallu attendre les dernières semaines, et des sondages plus serrés, pour assister à quelques escarmouches au sujet du climat, à l’intérieur même du parti. L’entourage de Bernie Sanders, reconnu comme le sénateur le plus actif sur les dossiers environnementaux et qui ne cesse de grimper dans les sondages, s'est interrogé avec ironie : "où est le plan 'climat' d'Hillary Clinton ?". Et le ton est le même chez le troisième candidat, Martin O'Malley, pour qui le programme Clinton risque de "faire brûler la planète"

Hillary Clinton, encore favorite au niveau national, a fait deux promesses. Pas plus. 500 000 panneaux solaires installés d'ici 2020 et assez d’énergies renouvelables créées pour alimenter chaque foyer d'ici dix ans. Mais la candidate ne défend par exemple ni la mise en place d'une tarification du carbone ni la fin de la fracturation hydraulique. 

 

Le climat, un non-sujet ?

 

Et les autres candidats ? Le système bipartisan ne leur laisse guère de place. Qu'il s'agisse de Jill Stein du Green Party, qui avait été très présente à la COP21 en décembre à Paris, mais qui reste inaudible sur la scène médiatique nationale. Ou du milliardaire Michael Bloomberg. L'ancien maire de New York, tout aussi présent lors de la conférence climatique en tant qu’"envoyé spécial pour les villes et les changements climatiques" à l'ONU, réfléchit encore à concourir. 

L'absence de débat autour du climat ne signifie pas pour autant que les électeurs américains se désintéressent totalement de ces questions. "Les Américains ont une conception très particulière du changement climatique. Bon nombre d’entre eux disent s'en préoccuper mais cela n'apparaît pas comme un dossier urgent. Surtout, les électeurs dans leur majorité sont persuadés que quelle que soit la personne élue, le problème finira par être réglé par tous les élus à Washington", analyse Karlyn Bowman, spécialiste de l'opinion publique américaine.

 

Mobilisation en faveur du candidat le plus climato-compatible 

 

Tous les candidats à la présidentielle ne se valent pourtant pas, mettent en garde plusieurs organisations environnementales. Climate Hawks Vote, l'un de ces Super PAC qui inondent de dollars la campagne et financent des publicités positives ou négatives, promet de soutenir financièrement tous ceux qui défendront en priorité le climat et les énergies renouvelables. "Il faut le dire clairement : si un candidat républicain est élu, les engagements de Paris connaîtront le même sort que les panneaux solaires sur la Maison-Blanche : installés par Jimmy Carter et désinstallés par Ronald Reagan quelques années plus tard", avertit sa co-fondatrice, RL Miller.

Fannie Rascle, correspondante à Washington
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