Publié le 12 décembre 2015

EMPREINTE TERRE

COP21 : un accord historique adopté

C'est à 19h30, samedi 12 décembre, que l'accord de Paris a été adopté au Parc des expositions du Bourget. Un accord historique, mais surtout "ambitieux et équilibré" selon Laurent Fabius, le président de la COP21. L'adoption de ce texte a été presque unanimement salué par les différentes délégations.

Laurent Fabius, Christina Figueres et ban Ki-Moon après l'adoption d'un accord historique sue le climat au Bourget le 12 décembre 2015.
Fraçois Guillot / AFP

L'émotion était palpable samedi, en fin d'après-midi, au Bourget. Après deux heures de retard, officiellement pour des "questions juridiques matérielles", les 195 Etats membres (l'Union européenne, qui est la 196eme partie, n'a pas le droit de vote) de la Convention Cadre des Nations Unies pour les Changements Climatiques, ont adopté l'accord de Paris. Avec moults applaudissements et standing ovations.

 

Un accord "ambitieux et équilibré"

 

Un accord "historique" qui constitue le premier accord universel sur le climat. Il confirme la nécessité de limiter la hausse de la température globale bien en-deçà des 2°C d'ici 2100 par rapport à l'ère pré-industrielle. Et cible même les 1,5°C. Le texte pose aussi le principe d'un réexamen, tous les 5 ans, à la hausse, des engagements climatiques des Etats (les fameuses INDC) et d'un bilan collectif des progrès sur la même période.

Il fait une place accrue à l'adaptation et entérine aussi le mécanisme des pertes et dommages, sorte d'assurance climat pour les pays les plus vulnérables au changement climatique. Concernant les financements, il fait des 100 milliards de dollars que s'étaient engagés à réunir les pays développés - pour la transition énergétique des pays en développement et leur adaptation aux changements climatiques - une somme plancher. Une enveloppe globale qui devra être révisée en 2025. 

 

Un accord (presque) unanimement salué par les Etats

 

"C'est le meilleur accord que l'on ait pu obtenir", a déclaré la présidente du G77, Nozipho Mxakato-Diseko, à qui Laurent Fabius a laissé la parole en premier, juste après l'adoption du texte. La diplomate sud-africaine avait porté avec force la voix des pays en développement lors des négociations préliminaires de Bonn, en poussant les pays occidentaux à faire plus d'efforts sur l'aide aux pays du Sud. Un travail salué par le président de la COP21. Aussitôt l'annonce de l'adoption afficielle, le groupe des pays les moins avancés s'est également réjouit d'un "accord sans précédent avec les meilleurs conséquences pour tous".

Il n'a pourtant pas fallu longtemps pour faire retomber l'ambiance. Quelques minutes plus tard, le Nicaragua a nié l'adoption du texte et dénoncé une procédure anti-démocratique, regrettant qu'on ne lui ait pas donné la parole avant l'adoption formelle du texte, pour demander plus de garanties sur la cible des 1,5°C. Un haussement de ton vite désamorcé: ces arguments "seront intégrés à l'accord", a précisé Laurent Fabius, avant de redonner la parole aux autres représentants.

Si plusieurs parties ont reconnu que leurs revendications n'avaient pas toutes été satisfaites, toutes semblent toutefois y trouver leur compte. "C'est un tournant dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Un accord équilibré, juste, ambitieux, efficace et juridiquement contraignant. Qui envoie un signal fort", s'est ainsi réjouit le négociateur en chef chinois, Xie Zhenhua. "Nous devons maintenant nous préparer à le mettre en œuvre", en soulignant notamment l'importance pour les pays développés d'apporter le soutien financier et technologique aux pays en développement. De son côté, la Chine s'engage à honorer ses objectifs pré-2020 et sa contribution nationale au changement climatique "pour parvenir à son pic d'émissions dès que possible".

"C'est un succès pour tous, pour la planète et les générations futures", s'est aussi enthousiasmé John Kerry, le secrétaire d'Etat américain. "Personne ne pense que cet accord est parfait et c'est exactement comme cela que ce doit être", a-t-il souligné. Mais cela "nous permettra d'assurer la transition vers une économie mondiale propre, en envoyant notamment un signal essentiel aux marchés. (…) Nous allons avoir de nouveaux investissements, cela va changer notre vie".

 

Rendez-vous dans un an au Maroc

 

Même engouement de la part du ministre indien, qui, s'il a rejoint les préoccupations du Nicaragua, n'en a pas moins salué un accord reconnaissant le principe de justice climatique et la responsabilité commune mais différenciée des pays dans le changement climatique.

Le Venezuela, qui a attendu le dernier jour de la COP pour publier sa contribution nationale, y est lui aussi allé de son éloge, notamment envers la présidence française, dont la méthode a fait l'objet d'un véritable engouement lors de cette 21e conférence des Parties.

Quant à la France, qui accueillait cette COP, son président a appelé à la révision des contributions financières pour les plus vulnérables et à l'instauration d'une tarification du carbone. François Hollande souhaite également mettre en place une coalition "des pays qui veulent aller plus vite" pour réviser leurs contributions avant 2020. Il a lui-même promis de réviser la contribution de la France avant cette date.

"Nous avons pour la première fois porté un accord holistique et transformationnel qui remet l'homme au centre. Aujourd'hui, il n'y a pas de gagnant dans cet accord, mais aucun perdant non plus. Nous avons contribué au renforcement du multilatéralisme. Cela semblait impossible, nous l'avons fait", a déclaré Hakima El Haité, la ministre marocaine de de l'Environnement.

Le Maroc qui accueillera la prochaine COP - la 22e du nom - du 7 au 18 novembre 2016. Une "COP de l'action, de l'innovation et du partage des solutions", a-t-elle assuré.

La rédaction
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