Publié le 12 décembre 2017

ISR / RSE

Natixis cesse à son tour le financement des sables bitumineux et du pétrole de l’Arctique

Après BNP Paribas, Crédit Agricole et Société générale, Natixis vient d’annoncer son engagement de ne plus financer le pétrole issu des sables bitumineux ni le pétrole de l’Arctique. Natixis va aussi mettre en place un mécanisme interne innovant destiné à renforcer l'alignement de ses financements avec les objectifs de l'Accord de Paris.

Natixis renonce au pétrole issu des sables bitumineux et de l’Arctique, des énergies extrêmement polluantes et va mettre en place un mécanisme destiné à favoriser les investissements verts.
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A l'occasion de la semaine sur la finance climat, Natixis, la banque internationale de financement, d’investissement, de gestion d’actifs, d’assurance et de services financiers du Groupe BPCE, a annoncé à son tour de nouveaux engagements sur le climat et l'environnement. 

"Nous sommes convaincus que les institutions financières ont une responsabilité majeure dans la transition vers une économie sobre en carbone. Renforcer l'alignement de nos financements sur les objectifs de l'Accord de Paris est une nouvelle étape de l'engagement de Natixis", a déclaré Laurent Mignon, directeur général de Natixis. 

Le pétrole issu des sables bitumineux et de l'Arctique, nouveau charbon

Après BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale, Natixis renonce au pétrole issu des sables bitumineux et de l’Arctique, des énergies extrêmement polluantes dont le financement a été encore récemment pointé du doigt par les ONG. Il y a deux ans, la banque avait annoncé le financement de l'industrie du charbon.

Le groupe a donc annoncé qu’il ne financera plus le pétrole issu des sables bitumineux ni les sociétés dont l'activité repose principalement sur l'exploitation du pétrole issu des sables bitumineux (exploration, production, transport, stockage). Une annonce saluée par Les Amis de la terre même si l'ONG soulève la question des critères d'exclusion que la banque choisira, notamment pour exclure les nouveaux pipelines controversés Transcanada (Keystone XL), Enbridge (Line 3) et Kinder Morgan (TransMountain).

Le groupe s'engage également à ne plus financer l'exploration ni la production de pétrole en Arctique. Une annonce cependant "insuffisante pour assurer l'arrêt des soutiens de la banque aux forages en Arctique, lesquels sont financés par des soutiens aux entreprises, selon Les Amis de la Terre. L'exclusion de Statoil qui prévoit toujours des développements en Arctique est urgente", souligne l'ONG.

Mieux prendre en compte les risques physiques et de transition

Natixis mettra aussi en place en 2018 un mécanisme interne Green Incentive "pour renforcer l’alignement de ses financements avec les objectifs de l’Accord de Paris et sa contribution à la transition vers une économie sobre en carbone". Il s’agit, après une étude d’impact, de mettre en place un mécanisme permettant aux métiers de financement de la banque de mieux prendre en compte les risques physiques et de transition et de favoriser les financements les plus vertueux au regard de la transition par rapport aux autres financements.

"Il conduira à une modification des indicateurs retenus pour l’allocation de capital et le pilotage des activités de Natixis", précise le groupe. La banque indique aussi qu’elle est prête à collaborer avec les établissements bancaires souhaitant étudier et mettre en œuvre des pratiques similaires. 

Par ailleurs, Natixis Assurances dit s’associer aux initiatives en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique annoncées le 7 décembre par la Fédération Française des Assurances. 

Natixis est l'un des poids lourds bancaires français en termes de clients : le groupe revendique 31,2 millions de clients à travers ses réseaux Banque Populaire et Caisse d'Epargne.

Béatrice Héraud @beatriceheraud


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