Publié le 09 février 2018

ÉNERGIE

100 % de gaz vert en 2050, c’est possible d’un point de vue technique et économique, selon l’Ademe

Après s'être penché sur un scénario 100 % électrique en 2050, l'Ademe a refait l'exercice avec le gaz renouvelable. Selon l'agence, la France a les capacités de produire 100 % de gaz vert à cet horizon grâce à la généralisation de la méthanisation et du "power to gas". 

La France pourrait produire jusqu'à 460 térawattheures (TWh) de gaz vert en 2050, de quoi couvrir largement la demande.

La France pourrait produire 100 % de gaz renouvelable en 2050, selon une étude publiée mardi 30 janvier par l’Ademe. Le pays dispose en effet des ressources naturelles et des infrastructures pour produire jusqu'à 460 térawattheures (TWh) de gaz vert injectable dans les réseaux et couvrir ainsi entièrement la demande en gaz.

"On a un potentiel de gaz renouvelable très important, sans commune mesure avec ce qu'on exploite aujourd'hui", résume Fabrice Boissier, directeur général délégué de l'Ademe. Le scénario de l'agence reviendrait à installer environ 10 000 unités de production sur le territoire, dont environ 8 000 méthaniseurs (décomposition de déchets agricoles, alimentaires ou boues d'épuration), contre 500 installés actuellement.

Une taxe carbone pour rendre le gaz vert compétitif

Dans le détail, la méthanisation couvrira 30 % de la production. La pyrogazéification (procédé à partir de bois ou de déchets conditionnés) pourra produire 40 % du gaz nécessaire. Et la filière dite du "power-to-gas" (production d'hydrogène, puis de méthane, à partir d'électricité renouvelable) fournirait les 30 % restants.

Dans un tel scénario, un mégawattheure coûterait entre 116 et 153 euros, incluant le coût de production, de stockage, d’utilisation et d’adaptation des réseaux gaziers, par rapport à un prix du gaz naturel estimé à 86 euros/MWh (avec un prix carbone). Mais cela permettrait aussi d'économiser 63 millions de tonnes de CO2 par an.

"Dans un monde où le carbone aura un prix très élevé (de 200 euros la tonne), ça peut être des technologies qui deviennent compétitives", assure à l'AFP Fabrice Boissier. L’Ademe estime par ailleurs que le montant des investissements nécessaire pour adapter les réseaux est "raisonnable" avec un fonctionnement plus décentralisé. Aujourd'hui, le gaz fossile, importé à 98 %, représente 21 % de la consommation énergétique française.

Concepcion Alvarez @conce1


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