Publié le 26 septembre 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

[Objectif RSE] BNP Paribas se transforme grâce à sa Direction de l’engagement

Comment mieux diffuser la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) en interne et dans son écosystème ? Cette question, toutes les grandes entreprises engagées se la posent. Novethic a recensé des bonnes pratiques, réplicables, mises en place par les géants de l'économie, qui ont fait leurs preuves. Aujourd’hui, focus sur la direction de l’engagement créée il y a un an au sein du groupe BNP Paribas.

Fronton BNP Wikicommons
Le groupe BNP Paribas a créé une direction de l'engagement pour mieux prendre en compte les transformations sociétales et environnementales.
@wikicommons

En juillet 2017, BNP Paribas annonçait la création d’une nouvelle direction, représentée au COMEX (comité exécutif) : la direction de l’engagement. L’ambition portée par le patron de la banque, Jean-Laurent Bonnafé, était forte. Il expliquait ainsi : "les défis sociétaux et environnementaux d'aujourd'hui exigent que notre groupe contribue encore plus activement à une croissance qui soit durable pour les hommes et pour la planète. Nous sommes décidés à nous donner les moyens de mettre en œuvre cette volonté à tous les niveaux du groupe".

Une direction transversale

Pour cela, la nouvelle direction regroupe la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), la communication, la fondation, la diversité et une équipe projet chargée d’assurer la transversalité de la démarche dans l’entreprise. En tout près de 200 personnes avec des relais dans les 73 pays où opère le groupe.

L’ancien directeur de la communication fait remonter la bascule à 2005. À l’époque, la banque implante des immeubles de siège en Seine-Saint-Denis, un des départements alors en proie aux émeutes des banlieues. "Le fait d’être directement concerné a permis, au sein de l’entreprise, de mieux comprendre que les problèmes de la société sont les problèmes de l’entreprise, et que celle-ci doit avoir un impact positif sur son territoire", explique Antoine Sire. Le deuxième déclic interviendra 10 ans plus tard, année de la COP21, des ODD et de la crise des réfugiés. "Tous les faits et acteurs – collaborateurs, investisseurs, clients, société civile, institutions – convergeaient vers un même point : la demande de plus d’engagement des entreprises dans la société", souligne-t-il.

Accélérateur d'innovations positives

La création d’une direction de l’engagement a permis de traduire cette vision dans la stratégie de l’entreprise et de la décliner dans tous ses métiers, ce que n’aurait pas pu faire seule une direction RSE selon lui. "La RSE est toujours le moteur technique de l’engagement. Mais nous avions besoin d’une direction qui intègre plus largement une dimension à la fois RH et commerciale, pour montrer qu’il s’agit d’une démarche stratégique pour la banque dans son ensemble". Le fait d’avoir formalisé ce cap à travers une nouvelle organisation a permis de changer d’échelle, selon Antoine Sire.

"Les solutions durables sont désormais mises en avant dans toutes les activités du groupe, et nous travaillons à renforcer ce mouvement. Cela motive les collaborateurs à assurer leur développement et à mieux les commercialiser, ce qui est un puissant accélérateur d’innovations positives et provoque un cercle vertueux", explique-t-il. Il en veut pour preuve une batterie de grands engagements, comme le fait d’exclure le gaz de schiste et des sables bitumineux des investissements de la banque. Il évoque aussi de nouveaux projets développés depuis la création de la direction comme les crédits indexés sur les performances ESG (Environnementaux, sociaux et de gouvernance) ou les partenariats publics-privés menés avec l’ONU pour financer des projets de bien commun.

Diffuser la transformation de l'entreprise

Si la direction de l’engagement a été "un accélérateur de diffusion de la culture de l’impact et de la transformation de l’entreprise", les efforts doivent cependant être poursuivis, reconnaît Antoine Sire, afin de mieux intégrer cette dimension dans les différents métiers à travers des formations et pour en mesurer les effets.

Pour Agnès Rambaud-Paquin, experte de la conduite du changement, et directrice associée au sein du cabinet Des Enjeux et Des Hommes, l’initiative est particulièrement intéressante : "Le titre de la direction montre bien la portée que le groupe veut lui donner. Son périmètre très large, agrégeant plusieurs directions, et son mandat de transversalité sont également intéressants. C'est d'ailleurs une tendance qui commence à émerger dans d'autres entreprises. Autre point fort : la participation du directeur au Comex. C'est encore assez rare et cela permet de réellement porter le sujet au plus haut niveau", explique-t-elle. 

Béatrice Héraud @beatriceheraud

 

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