Publié le 13 décembre 2018
INFOGRAPHIES & VIDÉOS
[La vidéo des solutions] Rejoué donne une seconde vie aux jouets pour un Noël responsable et solidaire
Des Playmobils au Monopoly en passant par les licornes... L'association Rejoué a collecté en 2018 plus de 43 tonnes de jouets. Dans un grand atelier de 2000 mètres carrés à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) elle leur donne une seconde vie pour les revendre à petits prix. Une manière de lutter contre la surconsommation, surtout en période de Noël, d'employer des personnes en insertion et de donner accès aux jouets aux plus pauvres.

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[Mise à jour le 12 décembre 2018] C’est un peu un paradis des enfants (et des adultes). Des Action Man côtoient des PlayMobil, des Kapla, des poupées et même des Licornes. Bienvenue chez Rejoué. L’atelier de cette association, installée dans les 2000 mètres carrés des anciens locaux de La Poste à Vitry-sur-Seine (Val de Marne)*, est spécialisé dans la revalorisation de vieux jouets.
"Chaque seconde, un jouet part à la poubelle alors qu’il pourrait être remis en circulation", explique Nathalie Ourry, directrice de Rejoué. "Nous les récupérons et leur donnons une seconde vie. Cela évite de créer encore plus de déchets et d’aller chercher de la matière première".
Vidéo initialement publiée en décembre 2017
43 tonnes de jouets collectées
En 2018, Rejoué a collecté 43 tonnes de jouets, c'est 10 tonnes de plus que l'année dernière. En 2019, elle vise une collecte de 60 tonnes. Au sous-sol, où s’amoncellent les cartons - surtout en période de Noël - les jouets sont triés selon leur état et leur type. Ils remontent ensuite au premier étage où une équipe s’occupe de les nettoyer grâce à des produits respectueux de l’environnement : du bicarbonate et du vinaigre blanc. "On ne garde que ceux conformes aux normes européennes", précise Nathalie Ourry.
Ensuite, direction le secteur composition et réparation. Claire** s’affaire à retrouver les bras d’une poupée – jouet très prisé, nous précise-t-elle –, quand Zina* recompose une maison de Playmobil, la notice sous les yeux. "Le but est que le jeu soit complet", explique-t-elle. Cette jeune Yéménite fait partie des 30 salariés en insertion professionnelle dans l’atelier.
Les entreprises jouent le jeu
L’association leur propose des contrats de 6 mois à 2 ans et les accompagne dans leur projet professionnel. Zina souhaite, par exemple, devenir professeure d’anglais. "D’autres n’ont pas encore d’idée précise. On va leur proposer des stages avec nos entreprises partenaires", explique Nathalie Ourry.
Car en plus des trois boutiques de Rejoué situées à Ivry-sur-Seine (94), à Paris (14ème) et au centre commercial Quais d'Ivry, des entreprises achètent certains stocks pour les fournir gratuitement à des associations s’occupant d’enfants. En période de Noël, certaines entreprises proposent de les vendre directement à leurs salariés. Un moyen de les sensibiliser à la surconsommation.
"La grande distribution n’est pas prête à vendre nos jouets"
"C’est important de consommer autrement", avance Nathalie Ourry, "en sensibilisant les enfants qui vont donner leurs jouets, mais aussi les adultes qui vont aller racheter ces jouets de seconde main, à petits prix". En règle générale, les jouets sont venus à moitié prix.
Reste encore à changer d’échelle car "pour l’instant, la grande distribution n’est pas encore prête à vendre nos jouets", glisse la directrice de l’atelier. Mais "le prochain objectif de Rejoué est de monter une filière du réemploi du jouet au niveau national".
En attendant l’association se prépare à un flux tendu de dons. Avant Noël, un élan de solidarité pousse les consommateurs à donner leurs vieux jouets, et après Noël, "ils font le tri dans leur armoire pour gagner de la place. Et ça nous arrange !".
Marina Fabre @fabre_marina
*Depuis la publication de cet article, l'association Rejoué a déménagé à la Gaîté Montparnasse vers le centre commercial Quais d'Ivry, à Ivry-sur-Seine.
**Tous les prénoms ont été modifiés