Publié le 03 octobre 2019

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[Vidéo] Au Qatar, le mondial d'athlétisme entre chaleur accablante, abandons et défaite écologique

Ce sont des images de souffrance. Sous une chaleur accablante et un taux d'humidité énorme, un nombre record d'athlètes ont abandonné le 50 km marche et le marathon féminin. Pour les épreuves intérieures de ce mondial d'athlétisme, les conditions sont meilleures, le stade étant climatisé. Mais les critiques fusent quant à l'impact environnemental de cette climatisation. Rien ne va plus à Doha.

Chaleur mondial athletisme qatar MUSTAFA ABUMUNES AFP
Au Qatar, la chaleur et l'humidité représentent un vrai problème pour la santé des athlètes.
@MustafaABumunes/AFP

Le spectacle était impressionnant. Pour la finale du 100 mètres des championnats du monde d’athlétisme, les organisateurs ont plongé le stade Khalifa dans le noir avant d’entamer un son et lumière à l’américaine. Un show qu’ils ont renouvelé pour les grands événements sportifs mais qui n’a pas suffi à redorer l’image d’un mondial très critiqué.

En cause, d’abord, la chaleur. À Doha, la température atteint les 38 °C avec un taux d’humidité à 75 % mettant à mal la santé des sportifs. Face à cette chaleur assommante, les organisateurs ont décidé de lancer les compétitions extérieures la nuit. Mais cela n’a pas empêché plus de 28 athlètes sur 68 d’abandonner le marathon féminin, un record. Au top départ, le thermomètre affichait 32 °C ressenti 41 °C avec un taux d’humidité de 73 %. "C’est le marathon le plus dur de ma vie, ils n’auraient jamais dû donner le départ", a critiqué la croate Bojana Bjeljac, qui a, elle aussi, quitté la course. 

L'hécatombe des épreuves extérieures

Chez les hommes aussi c’était l’hécatombe. Lors du 50 km marche le Français Yohann Diniz, champion du monde en titre, a stoppé sa course au bout de 16 km seulement. "Je crois que j'ai fait une grosse erreur, j'aurais dû rester sur quelque chose de positif au lieu de m'entêter à venir ici", a-t-il confié à l’AFP, après son arrêt et au bord du malaise. "Je suis venu ici, je ne sais pas trop pourquoi. La tête n'y était pas, je m'asphyxiais vite. Je n'allais pas faire 50 km comme ça, ce n'était pas possible".

Ce mondial est une "catastrophe", a même avoué Kevin Mayer, recordman du dernier décathlon. "On n’a pas mis les athlètes en avant en venant ici. On les a surtout mis en difficulté", a confié au Monde l’espoir français de médaille d’or. "À nous de ne pas faire les princesses et d’y arriver. Mais on n’est pas dans les bonnes conditions pour faire des performances. Ça c’est sûr."

Des stades climatisés, une hérésie environnementale

Pour les disciplines qui ont lieu à l’intérieur du stade, les conditions sont nettement meilleures. Et de fait le Khalifa Stadium est climatisé. 3 000 tuyaux d’air viennent rafraîchir ce stade à ciel ouvert pour faire tomber la température à 25 °C. Une hérésie écologique pour beaucoup. "C’est vrai que l’empreinte écologique, aujourd’hui ici, on n’en tient pas compte", tranche sur France Info l’ancien président de la Fédération français d’athlétisme Bernard Amsalem. "On fait tout dans le sens contraire, on est à des années-lumière de ce qu’il faudrait faire compte tenu de l’urgence", ajoute-t-il.

D’autant qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un stade mais le Qatar va accueillir la Coupe du monde de football dans trois ans et cette fois huit stades seront climatisés. "Le coût environnemental est quand même énorme !", estimait en mai dans les colonnes de So Foot Adrien Le Norcy, gérant du site spécialisé frigoriste.fr. "Le bilan carbone d’une telle installation doit être exorbitant. Un champ de panneaux photovoltaïques, couplé à un réseau de tuyauteries gigantesque et des pompes hydrauliques de puissance phénoménale, sans, parler des turbines, ça n’a rien de très écolo. C’est juste qu’ils n’ont pas d’autre choix au vu des températures dans le pays. Par 40 °C à l’ombre, difficile de jouer un match". D’où la question posée par l’internaute Étienne Thebault sur Twitter : "À quand des compétitions raisonnées et respectueuses du climat et des saisons ?"

Marina Fabre, @fabre_marina


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