Publié le 04 août 2017

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

[VIDEO] Conditions de travail : quand les robots nous veulent du bien

Non, les robots ne sont pas seulement une menace pour l'emploi. Ils peuvent aussi améliorer les conditions de travail. La société Gobio Robots a créé des exosquelettes, ergosquelettes et autres bras robotisés, exclusivement pour réduire la pénibilité des travailleurs. Un concept qui séduit déjà la SNCF, Airbus mais aussi beaucoup d'exploitations agricoles.

Gobio robot ergosquelettes
Cet ergosquelette est utilisé essentiellement dans le BTP pour soulager les personnes travaillant les bras en l'air
Marina Fabre

L’ambiance est studieuse dans le laboratoire de recherches de Gobio Robot. La société, située à Carquefou, près de Nantes, conçoit des services robotisés innovants. Dans le show-room, des exosquelettes, ergosquelettes et des bras robotisés sont exposés. Ici, pas question de concevoir les robots comme des menaces pour l’emploi. Au contraire, ces systèmes mécaniques ou robotiques sont destinés à réduire la pénibilité au travail.

 

Lutter contre les troubles musculo-squelettiques

De l’industrie mécanique automobile et aéronautique à la logistique en passant par le marché de l’agro-alimentaire, beaucoup de sociétés se sont déjà laissé séduire par le concept. La SNCF par exemple, a commandé pour ses employés des bras manipulateurs appelés cobots. "Le bras permet de soulever une charge importante. La SNCF l’utilise pour les opérations de meulage sur les voies ferrées", explique Benoit Sagot-Davauroux, dirigeant de Gobio Robot.  

"Les travailleurs portaient jusqu’ici des meules qui pèsent entre 10 et 15 kg, pendant près de 4h et de nuit pour retravailler un certain nombre d’aiguillages sur une zone géographique. Désormais ils manipulent la meule sans la porter. On soulage terriblement les efforts des bras". Decathlon, Airbus, STX… ont également franchi le pas.

En plus du bras manipulateur, le travailleur peut disposer d’un ergosquelette de jambe. Conçu grâce à un harnais flexible, il soulage le travailleur dans des postures particulières. Au lieu de travailler penché, un système de harnais robotique va le maintenir en position assise, avec le dos droit.

Pour les travailleurs du BTP, qui doivent peindre un plafond ou visser un objet en hauteur, un ergosquelette des bras est disponible. "L’ergosquelette va soulager le poids des bras et éventuellement d’un outil", raconte Benoit Sagot-Davauroux, en essayant le produit. "Quand on a les bras en l’air, un des muscles situé sur les épaules va contraindre le flux sanguin et provoquer des picotements dans les bras. On peut tenir seulement 2 voire 3 min dans cette position. Grâce à l’ergosquelette, ce muscle est soulagé et l'on peut ainsi rester 10 voire 15 min les bras en l’air, sans problème". Cette armure robotisée permet ainsi de réduire les troubles musculo-squelettiques.

Une question de performance… et de parité

Chaque innovation sortie du laboratoire de recherche est testée par Wilfrid Vincendeau. Le responsable montage et essais passe une journée avec les travailleurs pour vérifier l’efficacité du produit.

Le coût ? Entre 2000 et 10 000 euros le robot. Mais il est vite rentabilisé. "C’est une question de performance. Les troubles musculo-squelettiques coûtent socialement et financièrement à une entreprise. En tant que chef d’entreprise, on a envie ni de casser nos salariés, ni de les remplacer par des personnes moins compétentes", témoigne Benoit Sagot-Davauroux.

"Et on travaille pour la parité !", se réjouit Wilfrid Vincendeau, "certains métiers étaient avant réservés aux hommes parce que les femmes ne pouvaient pas porter tel ou tel outil, avec nos exosquelettes tous les métiers sont accessibles". Chaque produit de Gobio Robot ne pèse pas plus de 5kg. "Les règles d’ergonomie indiquent qu’il ne faut pas dépasser 10% du poids d’une personne. On part du principe qu’il y a aura un certain nombre de femmes, minces, qui seront amenées à travailler dans les entreprises. On est donc parti sur cette base pour que tout le monde puisse bénéficier de notre système". 

Marina Fabre @fabre_marina   


© 2018 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

Vidéos

Chaque semaine, Novethic vous emmène, en vidéo, au coeur des nouveaux modes de consommation, des nouveaux modes de production et de la transition énergétique.

Pour un Noel responsable Rejoue donne une seconde vie aux jouets Pixabay

[La vidéo des solutions] Rejoué donne une seconde vie aux jouets pour un Noël responsable et solidaire

Des Playmobils au Monopoly en passant par les licornes... L'association Rejoué a collecté en 2018 plus de 43 tonnes de jouets. Dans un grand atelier de 2000 mètres carrés à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) elle leur donne une seconde vie pour les revendre à petits prix. Une manière de lutter contre la...

La reserve des arts responsable

[La vidéo des solutions] La Réserve des Arts donne une seconde vie aux déchets de la culture

C'est la caverne d'Alibaba des professionnels de la culture. La Réserve des Arts récupère chaque année à la fin des défilés de mode, des expositions et des événements culturels des tonnes de matériaux destinés à la poubelle. Elle les revend un tiers du prix dans son entrepôt de 1 000 mètres carrés...

Jules et jenn mode responsable black friday

[La vidéo des solutions] Jules & Jenn, la marque slowfashion qui propose des sacs et chaussures indémodables

En plein black Friday, à contre-courant de la surconsommation, la petite marque française Jules & Jenn propose des chaussures et sacs durables au style indémodable. L'objectif : pousser les consommateurs à garder leurs produits le plus longtemps possible. En prime, les pièces sont confectionnées...

Safran sur les toits de Paris

[La vidéo des solutions] Du safran cultivé sur les toits de Paris

Quatre sœurs ont eu l'idée de planter leurs bulbes de Safran sur le toit d'un Monoprix du 13ème arrondissement. Ici pas de pesticide, ni d'irrigation, mais beaucoup d'attention. Car le safran, épice la plus chère au monde, est fragile. La récolte sera vendue en circuit ultra-court, quelques étages...