C'est avec un discours très enthousiaste que Bruno Le Maire, le ministre des Finances, a lancé la semaine dédiée à la finance climat. Dans son discours prononcé lors du Climate Finance Day, il réaffirme l'ambition pour Paris de devenir la place de la finance verte et a annoncé plusieurs engagements en ce sens. 

Finance et climat, deux mots désormais liés. Dans son discours de clôture lors du Climate Finance Day, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, l’a martelé. "Le climat a besoin de la finance mais la finance a besoin de trouver du sens et devenir une finance verte. C’est la meilleure façon de gagner la bataille pour la planète (…) La finance sera verte ou elle ne sera pas, elle doit être au service de la lutte contre le changement climatique et de l’intérêt général."
Tous les investisseurs publics vont passer au vert
Et pour passer des paroles aux actes, le ministre a fait plusieurs annonces. La première concerne la charte des investisseurs publics français en faveur du climat signé ce lundi 11 décembre. Elle engage tous les investisseurs publics rattachés à l’Etat (Caisse des dépôts, AFD, BPI France…). Ils pèsent à eux tous près de 600 milliards d’euros. Ils devront désormais intégrer dans leur politique d’investissement des critères d’impact climatique. 
Dans sa recherche d’exemplarité, le gouvernement réemet son obligation verte. Elle atteint désormais un encours de près de 10 milliards d’euros. Le ministre a également annoncé l’installation d’un conseil d’évaluation de ces obligations et l’adhésion aux principes de l’initiative Green Bond Principles. 
Permettre aux citoyens d’accéder à la finance verte
Très attendues par le secteur de la finance solidaire, Bruno Le Maire a également fait des annonces sur le verdissement des contrats d’assurance-vie et les livrets de développement durable et solidaire (LDDS). Il promet ainsi qu’en 2018, tous les contrats d’assurance-vie proposeront une unité de compte labellisée climat. Une disposition déjà annoncée par la fédération française de l’assurance (FFA). Une manne financière puisqu’ils constituent l’épargne favorite des Français avec 1 680 milliards d’euros d’encours. 
Quant aux LDDS, introduits par la loi Sapin 2, l’objectif est de passer de 10 milliards d’euros à plus de 100 milliards d’euros de prêts dédiés à la transition énergétique. "Chaque euro placé dans un LDDS sera associé à un projet contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l’empreinte climatique de notre modèle économique", promet ainsi le ministre. 
Adopter les recommandations de la TCFD
Enfin, sur la transparence liée aux risques climatiques, la France, en partenariat avec la Suède, s’engage à faire appliquer les recommandations de la TCFD, la Task Force sur la transparence financière sur le climat hébergée au sein du Fonds de stabilité financière du G20. Celle-ci appelle le secteur financier à prendre en compte les risques climatiques dans ses décisions et à mesurer l’impact de ses actions sur le climat. 
"Je souhaite que ces conclusions soient désormais intégralement appliquées en France, mais aussi au niveau européen et international", a déclaré le ministre. "Nous investirons tout notre capital politique pour que ces recommandations soient mises en œuvre au niveau européen car c’est ce qui créera la valeur ajoutée à long terme et nous assurera un avenir prospère et durable", a complété Per Bolund, le ministre des finances suédois.
Concepcion Alvarez @Conce1

Découvrir gratuitement l'univers Novethic
  • 2 newsletters hebdomadaires
  • Alertes quotidiennes
  • Etudes