Publié le 18 juin 2018

ENVIRONNEMENT

Limiter le réchauffement à 1,5°C ferait gagner 20 000 milliards de dollars à l'économie mondiale

Il est toujours délicat d’évaluer les conséquences économiques du changement climatique, que ce soit pour mesurer le coût de l’action ou de l’inaction. Des chercheurs américains ont calculé les effets pour l’économie mondiale si on s’alignait sur une trajectoire de 1,5°C d’ici la fin du siècle. Résultat : un gain estimé à 20 000 milliards de dollars.

Harvey nasa
En 2017, la tempête Harvey a causé des milliards de dollars de dgéâts.
@Nasa

Faut-il choisir entre croissance économique et lutte contre le réchauffement climatique ? Des chercheurs américains viennent de trancher la question. Dans une étude publiée dans la revue Nature, ils ont évalué les impacts de l’application de l’Accord de Paris sur l’économie mondiale.

Selon eux, 90 % de la population mondiale serait gagnante si le réchauffement se limitait à 1,5°C d’ici la fin du siècle, plutôt qu’à 2°C. Mieux encore, cela générerait 20 000 milliards de dollars de gains économiques cumulés jusqu’en 2100. A contrario, une hausse des températures accroîtrait la fréquences des événements climatiques extrêmes et donc leur coûts. La facture pour 2017 a déjà battu un record, atteignant les 400 milliards de dollars selon le cabinet Carbone 4. Il faut ajouter cela une baisse des rendements agricoles ou encore une dégradation de l’état de santé de la population.

Des pertes pouvant atteindre 12 % du PIB mondial

En 2006, le rapport Stern avait marqué un tournant dans la prise de conscience climatique. Pour la première fois, les impacts du changement climatique étaient décrits en termes économiques. Selon l’économiste britannique, le coût de l’inaction s’élèverait ainsi entre 5 et 20 % du PIB mondial, tandis que celui de l’action représenterait "seulement" 1 % du PIB mondial.

Depuis, le sujet inquiète de plus en plus le secteur de la finance. En 2015, Citigroup, l’une des plus grandes banques au monde, se fend elle aussi d’un rapport. Selon elle, à horizon 2040, le coût de l’action (190,2 milliards de dollars) et celui de l’inaction (192 milliards de dollars) seraient quasiment identiques. Mais dans un scénario à  2,5°C, les pertes seraient de 44 000 milliards de dollars (1,1 % du PIB) et de 72 000 milliards dollars (2,5 % du PIB mondial) dans un scénario à +4,5°C.

Le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) estime lui aussi que ne rien faire pourrait provoquer une baisse du PIB mondial de 1 à 4 % en 2030, de 2 à 6 % en 2050, et de 3 à 12 % en 2100. Un nouveau rapport  est attendu à l’automne sur l’ampleur des efforts à réaliser pour limiter la hausse du réchauffement à 1,5°C.      

Concepcion Alvarez @conce1


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Climat

Les alertes sur le changement climatique lancées par les scientifiques conduisent à l’organisation de sommets internationaux, à la mise en place de marché carbone en Europe mais aussi en Chine. En attendant les humains comme les entreprises doivent déjà s’adapter aux changements de climat dans de nombreuses parties du monde.

Greve mondiale climat 15 mars paris marina fabre

Climat : "tous en grève le 24 mai pour exiger notre droit à un futur"

Les jeunes du monde entier sont appelés à troquer leurs cahiers contre des banderoles ce vendredi 24 mai, à l'occasion de la deuxième journée de grève mondiale pour le climat organisée dans 120 pays. À quelques jours du scrutin européen, cette nouvelle mobilisation entend alerter les électeurs sur...

Edouard philippe francois de rugy elysee

Le gouvernement renonce au projet minier Montagne d’Or en Guyane

C’est l’une des décisions prises par le tout nouveau Conseil de Défense écologique qui a tenu sa première réunion ce jeudi 23 mai en présence de 13 ministres et du Président de la République. L’exécutif a jugé le projet de mine Montagne d’or, en Guyane, incompatible avec les exigences...

Debats europeennes 2019 LionelBonaventure AFP

Élections européennes : le dernier débat place le climat et l’écologie en priorité… mais reste flou

Contrairement aux habitudes, ce n’est pas la compétitivité industrielle du continent ou la crise migratoire qui ont été moteurs du débat sur l’Europe. C’est le climat et l’environnement qui ont pris cette place, le 22 mai. Si le débat fut peu constructif, il a eu le mérite de montrer que l’appel...

Salon vivatech 2019 numerique RiccardoMilani HansLucas

Salon VivaTech : le numérique œuvrera pour le bien à condition de maîtriser ses émissions de carbone

Lors du salon VivaTech qui vient de clore ses portes à Paris, beaucoup d’observateurs ont mis en avant le fait que la technologie ne participera à un monde meilleur que si sa consommation énergétique et ses émissions restent sous contrôle. Or, l’essor du numérique tend plutôt à prendre les acteurs à...