Publié le 24 juillet 2020

ENVIRONNEMENT

[Les livres du changement] Comment rester écolo sans finir dépressif, le mode d’emploi de Laure Noualhat

L’écologie, tout le monde ou presque s’en réclame aujourd’hui. Mais face à l’ampleur des défis que nous avons à relever, il n’est pas rare d’avoir des coups de déprime, voire de sombrer dans ce que l’on appelle l’éco-dépression. Ce syndrome bien connu des journalistes, ONG, scientifiques et politiques qui traitent de ces sujets, se généralise aujourd’hui au grand public informé. Laure Noualhat nous livre son expérience et ses conseils pour ne pas baisser les bras et rebondir sans renier ses convictions.

Comment rester ecolo sans finir depressif tana editions
Comment rester écolo sans finir dépressif ? L'expérience et les pistes de réflexion de la journaliste Laure Noualhat.
@Tana editions

Le pitch

Greta Thunberg nous l’a dit et répété : les données scientifiques sur le changement climatique doivent nous faire "paniquer". Rajoutez à leur lecture, celles sur la perte de biodiversité, la montée des inégalités sociales dans un contexte d’effondrement généralisé et il vous sera difficile -voire impossible- de ne pas souffrir d’éco-anxiété. C’est ce qui est arrivé à Laure Nouahlat. Entre reportages sur les sites contaminés de Tchernobyl et épluchage des études scientifiques sur le triste état de la planète, la journaliste qui a réalisé plusieurs documentaires dont "Après demain" avec Cyril Dion a lentement glissé vers l’écodépression. Avant de remonter la pente et de cultiver son jardin.

Sans virer à la collapsologie heureuse, elle nous raconte sans fards et avec un humour corrosif sa quête d’apaisement tout autant que sa rage d’agir et de transformer un monde à bout de souffle. En nous livrant les témoignages de ses nombreux interlocuteurs, elle nous dresse le portrait d’une communauté en devenir qui se mobilise pour un avenir plus soutenable. Et nous permet de regarder, aussi, "ce qui va" dans ce monde qui vient.

Le mot de l’auteur

"Journaliste environnement depuis les années 2000, j’ai été à la proue de l’info écolo, au royaume des mauvaises nouvelles…Ce livre, je l’ai en tête depuis une dizaine d’années mais à l’époque je n’avais pas la moindre piste sur comment sortir de l’éco-anxiété. Ce qui me permet de l’écrire aujourd’hui, c’est le résultat d’un cheminement intérieur pour lequel je me suis beaucoup appuyé sur le cycle du deuil. Il prend aussi son sens à l’heure où nous ne sommes plus quelques-uns seulement à vivre cela et où l’on nous écoute. Mais soyons réaliste, le fond de l’histoire reste le même : notre société humaine ne semble pas capable de changer de braquet et de s’adapter dans le temps imparti. Avec la pandémie de Covid-19 on a beaucoup parlé de "monde d’après"… Personnellement je n’y crois pas : c’est notre rapport à notre système terre et à la mort qui doivent être remis à plat. Or je ne vois rien en ce sens.

Regarder les choses en face, ce n’est pourtant pas s’empêcher d’être heureux ! Pour cela, trois choses me paraissent essentielles : se rassembler avec des gens dans une même communauté de pensée, vivre pleinement l’instant présent et agir, là où on est sur le territoire. Au fond, il y a deux questions essentielles à se poser : dans le temps qui me reste, qui est-ce que je veux être et qu’est-ce que je peux faire ?"

L’extrait

"Tomber en écologie, c’est engager le deuil du XXe siècle, celui du Just do it ! ou du Yes we can ! de la surconsommation…tout cela est bel et bien terminé. Ce siècle de la grande accélération a vu exploser tous les compteurs, qu’il s’agisse de la population mondiale, de la consommation énergétique, de l’amoncellement des déchets, du pillage des terres rares, du sable, etc. Oui l’écologie c’est ça : l’accélération dans le royaume des adieux ! (…) Il n’y a plus de tout pour tout le monde. Ou alors, il faut avoir envie de continuer à vivre sur une planète aux sociétés humaines inégales, injustes et mortifères, ce qui est un autre débat. Être écolo, c’est renoncer. (P53)

L’action porte en elle une puissance créatrice qui oblige à emprunter un juste chemin pour soi. Agir a un effet libérateur : les personnes s’alignent avec leurs valeurs, ils ne sont plus seulement propriétaires, ils deviennent créateurs de leur existence. Chacun agit à sa mesure. Une seule chose compte : bien définir ce que l’on peut ou veut faire et bien identifier sa spécificité, ses compétences ou sa valeur ajoutée. (p225)"

Béatrice Héraud, @beatriceheraud

 

Comment rester écolo, sans finir dépressif, Laure Nouahlat, Tana editions, 2020, 256 pages. 


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