Publié le 21 mai 2021

ENVIRONNEMENT

Le plus grand iceberg au monde se détache de l’Antarctique

170 km de long, 25 km de large, 4 320 km²... L'iceberg A-76, le plus gros au monde, vient de se séparer de la barrière de glace de Ronne, un de ces rebords massifs de la calotte glaciaire qui s'étendent sur la mer. Si ce processus est naturel, avec le réchauffement climatique, ce phénomène tend à s'accélérer et menace dangereusement la hausse du niveau des mers. 

Copernicus A 76 iceberg
L'iceberg A-76 a une surface équivalente à la moitié de la Corse.
Copernicus

Lentement mais sûrement, la calotte glaciaire de l’Antarctique se délite. Et ce 20 mai, c’est l’A-76, un énorme bloc de glace qui vient de se séparer de la barrière de glace de Ronne. Avec ses 170 km de long sur 25 km de large pour une surface totale de 4 320 km², l’A-76 est désormais le plus gros iceberg au monde. Sa surface est équivalente à quatre fois la taille de New York. 

Mais si A-76 est aujourd'hui le plus gros, "il n'entrerait pas dans le top 10 des plus gros icebergs de tous les temps", explique à l'AFP Alex Brisbourne, glaciologue au British Antarctic Survey (BAS), organisme de recherches britannique qui l'avait repéré initialement. Par exemple, en 2017, A68, un des plus gros icebergs jamais vus, de 5 800 km2, épais de 350 mètres et pesant mille milliards de tonnes, avait attiré l'attention des scientifiques et des médias en se détachant d'une autre partie de l'Ouest de l'Antarctique, la barrière de glace de Larsen, à la pointe de la péninsule. 

La formation des icebergs, blocs de glace d'eau douce issus de la fragmentation d'un glacier continental ayant atteint le littoral, est un processus naturel mais le phénomène a tendance à s’accélérer avec le changement climatique. "Nous savons que l'océan autour de l'Antarctique se réchauffe en raison du réchauffement climatique, mais la mer de Weddell, où se trouve l'iceberg A76, ne subit pas ce réchauffement en ce moment", renchérit Alex Brisbourne, estimant par exemple que des glaciers dans d'autres parties de l'Antarctique, comme celui de Thwaites, en sont eux victimes, accélérant la décharge de la glace vers la mer. 

Bientôt le point de non-retour

La planète a déjà gagné plus de 1°C depuis l'ère préindustrielle à cause de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre provoqués par les activités humaines. Mais l'Antarctique se réchauffe deux fois plus vite. Et cela pourrait avoir un impact sur les niveaux des mers. "Ce qui nous inquiète ce sont ces plateformes de glace qui freinent l’écoulement des glaciers", explique France Info le climatologue Jean Jouzel. "Si elles s’amincissent et s’affaiblissent, cela facilement l’écoulement du niveau de la mer", ajoute-t-il. 

L’Antarctique est une zone particulièrement à risque. Deux récentes études, explorant les risques de montée du niveau de la mer liée à la fonte des glaciers, tirent la sonnette d’alarme. Selon elles, l’Antarctique pourrait bientôt avoir atteint un point de non-retour. Une des études, menées par des chercheurs de l’université du Massachusetts fixe ce dernier à 2060 avec des "conséquences irréversibles" sur plusieurs siècles. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


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