Publié le 29 mars 2019

ENVIRONNEMENT

[Édito Vidéo] Quand le réchauffement climatique rend l’assurance inabordable

Le coût croissant des catastrophes naturelles dues au changement climatique va avoir un impact direct sur les primes d’assurance. À tel point que, selon le réassureur Munich Re, celles-ci pourraient devenir inaccessibles pour les populations les plus modestes, un enjeu social encore sous-estimé.

Les incendies de Californie en décembre 2018 ont coûté 24 milliards de dollars au réassureur Munich Re.
@JoshEdelson-AFP

Il est difficile de comprendre ce qu’implique le réchauffement climatique. Aussi alertés que nous puissions l’être, que signifie réellement un monde sans calotte glaciaire, une montée des eaux de plusieurs mètres, des températures moyennes grimpant de quelques degrés et un climat tropical dans le sud de l’Europe… Ce sont des concepts difficiles à appréhender. Et dont les conséquences sont inimaginables.

Peut-être que ce message venu d’Allemagne est plus simple à entendre. Interrogé par le Guardian, Ernst Rauch, climatologue en chef du plus grand réassureur mondial Munich Re, lance une alerte tangible. Il explique que les incendies géants qui ont ravagé la Californie en décembre 2018 ont coûté la bagatelle de 24 milliards de dollars à son entreprise.

Un tel montant lui fait dire qu’étant donné la multiplication des catastrophes, le changement climatique pourrait rendre les assurances trop chères pour la plupart des gens. Je le cite : "Si les risques d'incendies de forêt, d'inondations, de tempêtes ou de grêle augmentent, la seule option durable dont nous disposons consiste à ajuster nos prix en fonction de ces risques. À long terme, cela pourrait devenir un problème social".

450 milliards de dollars en 2017

En matière de zone à risques, Munich Re évoque entre autres xFrance où les primes d’assurance sont déjà ajustées à ce risque. Cela fait écho à ce que disait déjà Henri de Castries, à la veille de la COP21 en 2015. Alors président d’Axa, premier assureur mondial, il expliquait "qu’un monde à +2°C pourrait encore être assurable, un monde à +4°C ne le serait certainement plus". Une phrase qui a fait date.

Les années qui ont suivi lui ont donné raison. En 2018, les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles ont atteint 225 milliards de dollars. En 2017, année marquée par une succession de puissants ouragans qui ont touché les Antilles, la Floride, l’Inde, la somme a même atteint 450 milliards.

Dans ces deux cas, moins de la moitié des biens détruits étaient assurés... Heureusement, car, dans le cas contraire, cela aurait d’ores et déjà poussé le système assurantiel dans ses derniers retranchements.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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