Publié le 07 avril 2020

ENVIRONNEMENT

[Certifié sans coronavirus] Pour lutter contre la pollution plastique, des filets de pêche biodégradables

Chaque année, les filets de pêche capturent des quantités énormes de poissons, non destinés à la consommation, comme des dauphins, et disséminent des particules plastiques qui pollueront pendant des siècles le fonds des océans et finiront en partie dans l’estomac de la faune marine. Pour remédier à ce mal, l’Université de Bretagne, associée à d’autres centres de recherche, veut développer un filet biodégradable pour réduire à terme de 3 % les plastiques présents dans la Manche.

Phoque Filet IanDyball
Les filets de pêche perdus dérivent des dizaines d'années dans la mer.
@IanDyball

Le projet Indigo (Innovative fishing gear for ocean) vise à créer des engins de pêches biodégradables (filets, casiers, etc.), en vue de réduire les déchets marins et leurs conséquences dévastatrices pour l'environnement. Il a été lancé début février à l'Université de Bretagne Sud. "Les engins de pêche, avec une durée de vie estimée à plusieurs centaines d'années, représentent 27 % des déchets marins générant plus de 26 000 km d'engins perdus chaque année dans la zone FMA (France Manche Angleterre, ndlr) et les conséquences pour l’environnement marin sont dévastatrices", décrivent les porteurs du projet dans un communiqué.

"Dans une démarche globale de réduction des déchets, il est primordial d’adapter la durée de vie du matériau à son utilisation", soulignent-ils. De nombreux filets dérivants continuent de capturer des poissons pendant plusieurs années. Ce phénomène, appelé "pêche fantôme" ("ghost fishing" en anglais), affecte la biodiversité marine. Il ampute également le chiffre d'affaires des pêcheurs de plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année.

Ingestion sans danger

Le projet Indigo a obtenu, fin 2019, un financement du programme européen de coopération Interreg France (Manche) Angleterre à hauteur de 2,9 millions d'euros, pour un budget total de 4,2 millions d’euros sur trois ans. L’objectif est que le filet soit ingéré sans danger au long de la chaîne alimentaire. Selon les informations du Monde, les chercheurs espèrent réduire la quantité de plastique dans la Manche de 3 % d’ici 2030.

L’Université Bretagne Sud est cheffe de file du projet, avec son plateau technique ComposiTIC, spécialisé dans la conception de matériau innovant. Son laboratoire Lab-STICC intervient pour impliquer les professionnels de la pêche et de l’aquaculture et étudier l’appropriation des nouveaux filets. Six institutions de recherche (Universités de Bretagne Sud, de Plymouth et de Portsmouth, Ifremer, CEFAS et SMEL) et quatre partenaires privés (NaturePlast, Filt, IRMA et Marine South East) de France et du Royaume-Uni collaborent au projet Indigo.

Ludovic Dupin avec AFP


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