Publié le 25 mai 2020

ENTREPRISES RESPONSABLES

Relance verte : Élisabeth Borne met les grandes entreprises au défi de montrer l'exemple

Quelques jours après la tribune des grands patrons français sur la nécessité d’une relance verte, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne leur répond en les rappelant à leurs propres responsabilités. Dans une lettre, elle les invite à agir davantage dès maintenant en faveur de l'environnement, avec quelques propositions à l’appui sur l’économie circulaire, le télétravail, la mobilité ou les approvisionnements. 

Elizabeth Borne MTES
Face à la demande de "relance verte" des grands patrons, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, les enjoints à démontrer leur engament par des actes.
@MTES

Début mai, une centaine de grands patrons français appelaient à "mettre l’environnement au cœur de la relance de l’économie". Chiche, leur répond la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne. C’est en tout cas le sens de la lettre qu’elle leur a adressé en réponse, avec une attente très claire d'engagements rapides et significatifs sur le climat, l'économie circulaire et la biodiversité. 

Cette tribune à l’initiative d’Entreprise pour l’environnement (Epe), avait fait grand bruit lors de sa parution dans le Monde. Réunissant les patrons de LVMH, BNP Paribas, Air-France KLM, Thales, Airbus, Renault, Michelin… mais aussi celui de leur organisation, le Medef, qui s’était illustré quelques jours auparavant pour demander le report de mesures environnementales, elle avait suscité le doute sur les intentions réelles de leurs signataires.

La ministre demande elle aussi à juger sur pièce : "Je les appelle à démontrer leurs engagements avec des mesures concrètes que j'ai listées. Je souhaite être à la fois exigeante et constructive", a expliqué Élisabeth Borne au JDD, qui a publié son courrier dimanche 24 mai. Car si l’État doit fixer le cap et consacrer comme les grands patrons le demandaient "une large part des moyens financiers de la relance pour accompagner la transition écologique", chaque entreprise doit, de son côté "évaluer, planifier et mettre en œuvre les évolutions et adaptations que cette transition implique dans son cœur de métier", assure la ministre dans son texte. 

Tirer les leçons de la crise

Dans son courrier de trois pages, la ministre va jusqu'à lister plusieurs mesures, inspirées des différentes actions gouvernementales des derniers mois mais aussi des leçons de la crise. Certaines peuvent être mises en place immédiatement comme le forfait de 400 euros pour les salariés à vélo, la mise en place de deux jours de télétravail par semaine pour ceux qui le souhaitent, supprimer le plastique à usage unique sur les lieux de travail, la restauration collective et les événements ou encore favoriser les produits alimentaires locaux et de saison… À plus long terme Elisabeth Borne les rappelle à leurs propres "responsabilités" en les invitant à fixer et annoncer leur feuille de route pour une neutralité carbone et une économie 100 % circulaire.

Pour en discuter, la ministre évoque un futur rendez-vous en juin au ministère au cours duquel les grands patrons seront invités à annoncer de premiers engagements. Pour Élisabeth Borne, c'est pour elles une question de survie : "Ne pas prendre le virage écologique aujourd'hui, c'est mettre en danger son entreprise", a-t-elle expliqué sur France Inter ce dimanche. "C'est une approche totalement dépassée de dire qu'on doit choisir entre la transition écologique et l'emploi, et beaucoup d'entreprises ont compris que préparer l'avenir quand on est un dirigeant, c'est précisément s'engager dans la transition écologique". 

Béatrice Héraud avec AFP

 


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