Publié le 13 novembre 2018

ÉNERGIE

Loin de toute sobriété énergétique, la demande mondiale d'électricité va croître de 60 % d'ici à 2040 selon l'AIE

La demande en électricité va exploser, en particulier dans les pays en développement, une tendance positive pour l'environnement grâce à la croissance des énergies renouvelables, mais qui demandera de gros efforts d'adaptation, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE)… sous peine d’être contreproductive.

Selon l'AIE, la demande d'électricité devrait croître de 60 % d'ici 2040.
@ChloeCast

"Le secteur de l'électricité est en train de vivre sa transformation la plus spectaculaire depuis sa création il y a plus d'un siècle", souligne l'AIE, qui consacre au sujet une partie de son rapport annuel, le World Energy Outlook, sur les perspectives énergétiques mondiales.

Dans un scénario qui prend en compte les engagements des différents pays et les évolutions technologiques en cours, l'institution table sur une croissance de plus de 25 % de la demande d'énergie totale d'ici à 2040, tirée notamment par l'Inde. On est loin de la sobriété énergétique attendue pour tenir les engagements de l’Accord de Paris.

La demande mondiale d'électricité doit en particulier bondir de 60 % et atteindre près d'un quart de la demande finale (contre 19 % aujourd'hui) d'énergie à cet horizon, aux dépens du charbon et du pétrole. Près de 90% de la croissance de la demande d'électricité provient des pays en développement.

Voitures électriques et climatisation

Les deux principaux facteurs sont : l'explosion de la demande pour les voitures électriques en Chine et la demande de climatisation dans les pays chauds. Dans les pays riches, la demande progresse mais modestement, avec en particulier les politiques destinées à encourager l'électrification de la mobilité.

Parmi les sources de production d'électricité, l'éolien et le solaire photovoltaïque doivent connaître la plus forte croissance. L'ensemble des énergies renouvelables (y compris l'hydroélectricité) représentent 70 % de l'augmentation des capacités de production. Cela s'explique par le soutien politique et une forte baisse des coûts, de l’ordre de 40 % d’ici 20 ans.

À cet horizon, la part du charbon dans la production d'électricité devrait avoir chuté à 25 % contre 40 % aujourd'hui. Les parts respectives du gaz (20%) et du nucléaire (10%) devraient pour leur part rester à peu près stables.

L’enjeu de la flexibilité

L'explosion des renouvelables se traduit par des bénéfices environnementaux mais pose aussi des défis, souligne l'AIE. Ces énergies sont en effet par nature intermittentes car elles dépendent du soleil et du vent.

"Avec une plus grande variabilité de l'offre, les systèmes électriques vont devoir faire de la flexibilité la base des futurs marchés de l'électricité pour que les lumières restent allumées", met en garde l'AIE. "De nombreux pays en Europe mais aussi le Mexique, l'Inde et la Chine auront besoin d'un niveau de flexibilité qui n'a jamais existé auparavant à une telle échelle", insiste le rapport.

Encore faut-il que ce ne soit pas des centrales au charbon qui assurent ces besoins de flexibilité des réseaux. Pour éviter ce risque, il faudra mener d’importants investissements en matière de réseaux de transport d’électricité, d’interconnexions, de compteurs intelligents ou encore de stockage par batteries...

La Rédaction avec AFP


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