Publié le 02 mars 2018

ÉNERGIE

GE va construire la plus grande éolienne offshore au monde… et ça se passe en France

L’Américain General Electric annonce 330 millions d’euros d’investissements dans plusieurs installations en France pour concevoir et construire la plus grande éolienne offshore sur le marché. L’Haliade-X de 12 MW culminera à 260 mètres de hauteur. Reste que la France a pris beaucoup de retard pour équiper ses côtes avec de telles turbines.

L'Haliade-X de 12MW va mesurer 260 mètres de haut.
@GE

Jeudi 1er mars, la filiale dédiée aux énergies renouvelables du conglomérat américain General Electric a annoncé 330 millions d’euros d'investissements en France pour développer et produire la plus puissante éolienne en mer au monde. L’Haliade-X 12MW affiche sur le papier des performances impressionnantes.

Elle s’élèvera à 260 mètres de haut (ne rendant que 40 mètres à la tour Eiffel) et chacune de ses trois pâles mesurera 107 mètres (un plus long qu’un stade de football). Fort de ces mensurations, ce monstre couvre une surface 30 % de plus que ses concurrentes, assure GE.

L’intérêt de ce gigantisme est que "l’Haliade-X sera moins sensible aux variations de vitesse du vent. Cela devrait lui conférer un facteur de charge accru de 63 %, soit 5 à 7 points au-dessus des turbines actuellement disponibles sur le marché", explique l’industriel. Le facteur de charge est le temps pendant lequel l’éolienne tourne.

100 millions d’euros à Cherbourg, 60 à Saint-Nazaire

Selon les estimations, une seule machine fournira 67GWh d’électricité par an, l’équivalent de la consommation de 16 000 foyers européens. Elle est attendue pour 2021 et sera alors plus puissante que les modèles concurrents les plus avancés chez Siemens et Vesta.

La bonne nouvelle est que GE va construire ce mastodonte en France. Un choix qui fait suite au rachat de la branche énergie d’Alstom en 2014. Cela implique un investissement conséquent : environ 330 millions d’euros dans l’Hexagone. Environ 60 millions seront notamment attribués à la modernisation du site de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) où les nacelles seront produites, et près de 100 millions à l'usine LM Wind Power de Cherbourg (Manche), qui doit ouvrir cette année et fabriquera les pales.

L’investissement sera accompagné de création d’emplois, assure GE. "Cette usine, qui ouvrira en 2018, permettra à terme la création de plus de 550 emplois directs et 2 000 emplois indirects". L’entreprise évoque de plus des embauches ultérieures dédiées "à l’ingénierie, au développement, à la fabrication du prototype et à la chaîne d’approvisionnement".  

Cette annonce compense la suppression de 345 emplois à Grenoble dans la branche hydo d’Alstom, annoncée en 2017. Les salariés et les autorités furent alors indignés alors que l’Américain avait promis la création de 1 000 emplois en France lors du rachat de l’entreprise française.

Zéro mégawatt en France

"Nous sommes extrêmement fiers d’assurer le développement de la plus grande éolienne au monde depuis la France. L’Haliade-X 12 MW permettra une diminution des coûts de l’éolien en mer, positionnant nos clients pour gagner dans un environnement de plus en plus compétitif. C’est une très bonne nouvelle pour la filière française des énergies renouvelables", assure Jérôme Pécresse, Président Directeur Général de GE Renewable Energy dans un communiqué.

Cette bonne nouvelle ne doit toutefois masquer le retard considérable pris par l’éolien offshore français. Les premiers appels d’offres attribués en 2011 devaient conduire la France à disposer de 6 000 MW au large de ses côtes en 2020. Vraisemblablement, à cette date, aucune machine ne sera prête à produire des électrons.

En cause, la longueur des instructions, notamment pour écarter les procédures engagées par les opposants aux projets éoliens. Mais aussi, ce retard est dû aussi à la disparation des deux industriels français, qui étaient censés assurer l’élaboration de cette filière. D’un côté, Areva, qui a été démantelé, a dû céder ses actifs éoliens à Siemens/Gamesa. De l’autre, Alstom a été scindé entre ses activités transport et énergie puis vendu à des tiers.

Conscient de ce terrible loupé, le Premier ministre Édouard Philippe assure vouloir accélérer la cadence. Il veut "lancer" en 2018 "les études préalables en vue de l'engagement des futurs appels d'offres dans l'éolien flottant en Bretagne et en Méditerranée" et "les études environnementales sur le projet de parc éolien posé au large d'Oléron". Et le ministre de la Transition énergétique, Nicolas Hulot, a été missionné pour "un travail de simplification radicale des procédures".

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


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