Publié le 08 février 2018

ÉNERGIE

Le chiffre d’affaires de Total progresse à 172 milliards de dollars en 2017, porté par un baril orienté à la hausse

Après deux ans et demi de prudence avec un prix du baril très bas, le secteur pétrolier se réveille alors que les cours sont passés durablement au-dessus des 50 dollars et flirtent même parfois avec les 70 dollars. Le géant pétrolier Total a su capter cette croissance avec un bénéfice en croissance de 28 %. 

La production pétrolière de Total a cru de 45 % entre 2014 et 2017.
Total

La cinquième major mondial, le pétrolier français Total avait fait preuve de résilience, plus que ses concurrents quand le cours du baril a chuté massivement. La remontée du baril – modeste mais ferme – au cours de l’année 2017 a permis à l’entreprise d’afficher les meilleures performances du secteur. Le groupe engrange ainsi 171,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires (l’équivalent du PIB de l’Équateur ou de la Biélorussie).

Le bénéfice s’établit à 10,6 milliards d’euros en hausse de 28 %. "Les cours du pétrole se sont établis à 54 dollars par baril en moyenne en 2017 contre 44 dollars en 2016 (…). Le groupe a démontré sa capacité à capter la hausse des prix", explique le PDG Patrick Pouyanné. Il ajoute : "la stratégie mise en place (a permis) de baisser le pont mort organique avant dividende à 27 dollars par baril". C’est le prix moyen à partir duquel Total commence à gagner de l’argent de sa production pétrolière.

Cette progression des résultats de Total et l’amélioration de sa capacité opérationnelle ont été rendues possible par un plan d’économie, une pression mise sur les sous-traitants pour rationaliser le coût des projets, des investissements mieux maîtrisés et une meilleure sélection des nouveaux champs pour écarter les plus coûteux et les plus risqués.

Des investissements plus sélectifs

Par exemple, les constructions offshores les plus complexes ont été remises en cause. Dans l’ensemble du secteur pétrolier, les investissements dans ce domaine ont reculé de 11 % en 2017 (après -20 % en 2015 et -24 % en 2016) selon les derniers chiffres de l’IFPEN (Institut Français du Pétrole Énergies Nouvelles). Malgré cela, la production globale de Total est parvenue à croître de 2,15 millions de barils par jour à 2,57 millions de barils par jour en 2017.

Il n’aura donc fallu que quelques dollars pour redonner des couleurs au secteur pétrolier et gazier. D’ailleurs, les investissements globaux du secteur sont repartis à la hausse en 2017 à 389 milliards d’euros, en hausse de 2 %. Une première après 3 ans de recul et un point haut atteint en 2013 à 733 milliards de dollars.

En 2015, une étude parue dans Nature calculait que pour espérer limiter le réchauffement climatique à 2 °C, il faudra laisser 80 % des réserves de pétrole, gaz et charbon connu dans le sous-sol. Or cette fin de décennie est marquée par une demande pétrolière très dynamique qui dépasse désormais 99,1 millions de barils par jour.

Ludovic Dupin@LudovicDupin


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