Publié le 12 avril 2018

ÉNERGIE

Le premier réacteur nucléaire EPR d’EDF prêt à démarrer… en Chine

Le chargement de combustible dans le premier réacteur nucléaire EPR de Taishan en Chine a commencé mercredi 11 avril, a indiqué Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF. Une étape clé pour ce modèle qui a pourtant connu de grandes difficultés de construction en France et en Finlande. Pour EDF, cette nouvelle appuie sa volonté de lancer de nouveaux chantiers d’EPR dans l’Hexagone.

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Le premier réacteur EPR de Taishan en Chine est en train d'être chargé en combustible nucléaire.
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"Depuis quelques heures, les équipes (...) sont en train de charger le combustible (nucléaire) à l'intérieur du réacteur (de Taishan en Chine) et les premières réactions nucléaires pourront débuter rapidement", a déclaré, mercredi 11 avril, Jean-Bernard Lévy lors d'une audition à l'Assemblée nationale, précisant que l'autorité de sureté chinoise avait donné son feu vert au chargement mardi 10 avril.

La mise en service du réacteur nucléaire EPR Taishan 1 est prévue courant 2018, et celle de Taishan 2 en 2019. La date de démarrage de ces deux réacteurs, construits par une coentreprise franco-chinoise détenue à 30 % par EDF, a été repoussée à plusieurs reprises. Cependant, ces deux unités seront les premières de troisième génération à entrer en service alors que le début de leur construction est la plus récente.

Retard en Finlande et en France

En effet, les deux exemplaires chinois ont vu leur début de construction en 2009. Alors que le chantier de l’EPR d’Olkiluoto en Finlande a débuté en 2004 et celui de Flamanville en France en 2007. Le premier affiche 10 ans de retard, le second 7 ans.

Pour EDF, cette bonne nouvelle venue de Pékin illumine un peu le cas du réacteur français, qui s’est avéré très difficile à construire. La "décision de la Chine de faire fonctionner l'EPR de Taishan" ainsi que celle de l'Inde, qui envisage de construire six EPR, vont "dans le sens de la consolidation du produit" dont la France a également besoin, selon Bernard Lévy.

Pour l’électricien, l’EPR doit être le réacteur qui va remplacer le parc de 58 tranches en France, dont l’âge moyen est de 34 ans. "Nous nous inscrivons dans la perspective de construire de nouvelles centrales nucléaires, de nouveaux EPR en France", insiste le président de l’électricien. En janvier, le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a pourtant assuré que ce projet "n'était ni la priorité, ni dans les tuyaux".

De nouveaux écarts

En France, le dossier EPR reste compliqué. Alors qu’EDF avait remis ce chantier chaotique sur de bons rails avec une nouvelle date de mise en service (début 2019) et un nouveau budget (10,5 milliards d’euros), des "écarts de qualité" viennent d’être découverts sur des soudures du circuit secondaire.

Une expertise a été lancée pour analyser les causes et la nature de ces défauts. "À la fin du mois de mai, nous pourrons dire si les conséquences de ces écarts de qualité sont ou non un ajustement du planning et de coût", a déclaré le dirigeant lors de son audition.

EDF a, par ailleurs, entamer la construction de deux EPR au Royaume-Uni à Hinkley Point, pays où le Français espère vendre deux unités supplémentaires. Depuis deux ans, l’ingénierie d’EDF travaille au design d’un EPR NM (Nouveau Modèle), plus standardisé et plus facile à construire, tout en conservant le même niveau de sûreté.

Ludovic Dupin avec AFP


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