Publié le 27 mai 2019

ÉNERGIE

La centrale nucléaire de Three Mile Island, où a eu lieu le troisième plus grave accident nucléaire, va fermer

40 ans après le plus grave accident nucléaire des États-Unis, le réacteur restant de la centrale de Three Mile Island va définitivement fermer ses portes en septembre prochain. Les élus locaux ne sont pas parvenus à sauver cette installation en perte, malgré son impact sur l’emploi et les émissions de CO2. 

La centrale nucléaire de Three Mile Island a subi un grave accident nucléaire en 1979 entrapinant l'évacuation de 140 000 personnes.
@Dobresum

En 1979, le premier grand accident du nucléaire civil a eu lieu aux États-Unis, 7 ans avant Tchernobyl en Ukraine et 32 ans avant Fukushima au Japon. Il s’est déroulé à la centrale nucléaire de Three Mile Island, en Pennsylvanie. Pas d’explosion, mais l’un des deux réacteurs subira une fusion de son cœur entrainant une faible contamination à l’extérieur du site. Cet accident avait été classé au 5e rang de l’échelle Ines qui en compte 7.

Depuis le réacteur numéro 1 avait continué à fonctionner. Elle disposait même des licences nécessaires pour tourner jusqu’en 2034. Mais son opérateur Exelon a annoncé pour septembre 2019 sa fermeture. La centrale enregistrait des pertes depuis cinq ans. Une mauvaise nouvelle pour des élus de Pennsylvanie, un État dont environ 40% de l'électricité provient du nucléaire. Ils espéraient faire adopter un plan de sauvetage, au nom de la lutte contre les émissions de CO2 et des quelque 675 emplois en jeu.

Déclin nucléaire

"Il est clair qu'aucune solution politique au niveau de l'Etat ne pourra être mise en œuvre avant le 1er juin, qui aurait permis de revenir en arrière sur la fermeture prématurée de la centrale", a indiqué Exelon dans un communiqué. "C'est une journée difficile pour nos employés, nous espérions que les législateurs soutiendraient une énergie nucléaire sans carbone comme ils soutiennent d'autres formes d'énergie propre pour éviter une fermeture", a souligné Bryan Hanson, vice-président d'Exelon, en promettant de proposer un emploi à tous les salariés qui seraient prêts à déménager pour un autre site de la société.

Cette nouvelle fermeture intervient sur fond de déclin du secteur de l'énergie nucléaire aux États-Unis, concurrencée par le gaz naturel ou les énergies renouvelables. Les États-Unis restent néanmoins le premier producteur d'énergie nucléaire au monde avec encore 60 centrales en activité pour un total de 98 réacteurs, selon l'institut indépendant US Energy Information Administration.

Après la fermeture officielle fin septembre, Three Mile Island devrait connaitre une période de transition en trois phases, qui devrait voir le nombre d'employés tomber à 50 d'ici 2022. Le démantèlement des tours de refroidissement devrait commencer en 2074, a précisé Exelon.

Ludovic Dupin avec AFP


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