Publié le 05 mai 2021

ÉCONOMIE

Neutralité carbone, matières recyclées… Renault dévoile sa nouvelle stratégie RSE

Renault veut faire de la responsabilité sociétale des entreprises un "levier de performance". Neutralité carbone en 2040, batteries recyclées, tarification carbone, parité… Lors de la dernière Assemblée générale, le directeur général Luca de Meo a dévoilé sa stratégie environnementale et sociale alors que le constructeur automobile traverse une zone de turbulences depuis la crise sanitaire et l'affaire Carlos Ghosn. 

Luca de Meo Olivier Martin Gambier Renault
Alors que Renault traverse une zone de turbulences, Luca de Meo, qui pilote le constructeur depuis juillet 2020, tente de repartir sur de nouvelles bases.
Olivier-Martin Gambier / Renault

Après avoir essuyé les premières pertes de son histoire, Renault tente de remonter la pente avec sa Renaulution, du nom de son nouveau plan stratégique présenté en janvier dernier. Et pour cette page qui s’ouvre, le constructeur automobile va s’appuyer sur sa nouvelle stratégie environnementale et sociétale. "La RSE (responsabilité sociétale des entreprises, NDR) devient un levier de performance, jusqu’ici elle était très présente mais parfois décorrélée de l’opérationnel. Nous l’inscrivons désormais comme un des chapitres de la Rénaulution", a expliqué, le 23 avril, lors de l’Assemblée générale, le directeur général du groupe, Luca de Meo. 

Ce nouveau plan "ambitieux" qui soutiendra "les objectifs de performance" repose sur trois piliers : la réduction de l’empreinte carbone, la sécurité des clients et des collaborateurs et enfin l’inclusion. Pour le premier volet, tourné vers la transition écologique, Luca de Meo entend atteindre la neutralité carbone d’ici 2040 en Europe et 2050 en France.

Recycler en circuit fermé les métaux des batteries 

Pour réaliser cet objectif, il entend diminuer de 30 % l’empreinte carbone liée aux achats en décarbonant essentiellement son approvisionnement sur l’acier, l’aluminium, les polymères, les composants électroniques, les pneus et le verre. "Une tarification du carbone sera mise en place progressivement afin d’inciter l’ensemble de son écosystème à produire de façon plus durable", note Renault. 

Toujours afin d’atteindre la neutralité carbone dans moins de 20 ans, le groupe mise sur son statut de leader du véhicule électrique en Europe. Il prévoit ainsi le développement dès 2025 de batteries plus durables dont l’empreinte carbone sera réduite d’au moins 20 % par rapport à 2020. En mars, Renault s’est d’ailleurs associé à Veolia et Solvay pour recycler en circuit fermé les métaux des batteries (cobalt, nickel, lithium…).

Un partenariat qui pourrait permettre de créer une vraie filière du recyclage mais aussi de régler les problèmes d’approvisionnement en matières rares qui sont sujets de tension à travers le monde. L'objectif est de rester "en 2030, le premier constructeur mondial en pourcentage de matière recyclée dans nos véhicules neufs, toutes marques confondues et partout dans le monde", a souligné Luca de Meo. 

Des voitures bridées à 180km/h

Au-delà de la transition écologique, Luca de Meo veut protéger les utilisateurs de ses voitures en les bridant ! Après Volvo, les Renault et les Dacia seront bridées électroniquement à 180 kilomètres par heure à partir de 2022. "La vitesse représente plus d’un tiers des accidents mortels", a souligné le directeur général qui va s’appuyer sur les systèmes de communication, les data, en bref, les nouvelles technologies. Le "safety score" va par exemple "analyser les données de conduite grâce à des capteurs placés sur le véhicule afin d’inciter à une conduite plus sûre". Le "safety coach", va informer en temps réel les conducteurs des risques sur le trajet et le "safe guardian" va déclencher une prise de relais automatique du véhicule en cas de risque avéré comme des virages trop dangereux ou la somnolence du conducteur.   

Enfin, le troisième volet de la stratégie RSE de Renault, lié à l’inclusion, prévoit 50 % de femmes en 2050 dans les instances de gouvernance avec des points d’étape de 30 % en 2030 et 35 % en 2035. "D’ici 2025, le groupe atteindra la parité dans ses effectifs d’apprentis et de stagiaires, afin de constituer un vivier de recrutement et sensibiliser aux métiers de sa filière", souligne Renault. Concernant la mobilité solidaire et inclusive, le constructeur dit soutenir les garages solidaires et propose à des personnes inéligibles au crédit bancaire la location avec option d’achat d’un véhicule neuf. 

Marina Fabre, @fabre_marina



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